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Bulletin Quotidien Europe N° 12483
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POLITIQUES SECTORIELLES / Industrie

Pour M. Timmermans, le secteur de la construction et l’industrie automobile sont prioritaires

Le vice-président exécutif de la Commission européenne, Frans Timmermans, a indiqué, vendredi 8 mai, à l’occasion de son intervention devant la commission de l’industrie, la recherche et l’énergie (ITRE) du Parlement européen, qu’il sera nécessaire de prioriser les investissements et projets dans le cadre de la relance post-Covid-19 et du Pacte vert, citant explicitement le secteur de la construction et l’industrie automobile.

« Je dirais que nous devons donner la priorité aux questions et aux projets qui ont les effets les plus tangibles et les plus immédiats, en particulier sur l'emploi », a expliqué M. Timmermans. Pour lui, la manière la plus sûre est de se concentrer à la fois sur les PME et le changement climatique. Et de mentionner deux grands secteurs : le secteur du bâtiment et l’industrie automobile.

Pour lui, investir dans la construction, notamment l’isolation et la reconversion des systèmes de chauffage, « donne des résultats immédiats qui touchent toute la chaîne de valeur de l’économie européenne, qui profitent en premier lieu aux PME ».

Quant au secteur automobile, M. Timmermans a insisté sur la nécessité d’investir davantage dans les infrastructures de recharges – une demande de longue date du secteur (EUROPE 12461/29) – et surtout dans la mise en œuvre de systèmes de prime à la casse ('scrapping programs') intelligents. « L'expérience de 2008-2009 des programmes de mise à la casse a également stimulé la vente de véhicules de type SUV et je ne pense pas que cela devrait faire partie de notre projet », a-t-il martelé.

Le choix des secteurs à soutenir sera essentiel, selon le Néerlandais, d’où la nécessité pour la Commission de mener une « bonne analyse », a-t-il souligné. Le commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton, est en train de délimiter 14 écosystèmes stratégiques pour l’Union, comme le numérique, les industries culturelles et créatives, le tourisme ou encore l’aérospatial, la défense et la santé.

Un Fonds de relance solidaire et rapide

Pour M. Timmermans, le Fonds de relance devra être l’expression d’une vraie solidarité entre les États membres et devra donc comporter un juste équilibre entre prêts et subventions. Surtout, pour lui, ce plan doit venir au plus vite, car « nous allons voir les effets de la crise dès l'été et certainement en septembre et octobre », a-t-il prédit.

Le vice-président a insisté une nouvelle fois sur le rôle clé de l’hydrogène dans la poursuite des objectifs climatiques. Estimant que ce gaz offre « des opportunités énormes pour l’économie européenne » en tant qu’instrument de stockage de l’énergie ou comme carburant pour les moyens de transport qui ne peuvent pas compter uniquement sur l’électricité, il a souligné l’importance de disposer d’une infrastructure gazière « à double usage » : pour le transport du gaz naturel et, plus tard, pour celui de l’hydrogène. 

Taxe kérosène

M. Timmermans a en outre exprimé son souhait que l’industrie de l’aviation contribue davantage à la décarbonation de l’économie de l’UE. Appelant le secteur à investir dans de meilleurs carburants, en les mélangeant progressivement avec des biocarburants puis des carburants de synthèse comme l’hydrogène, il a en particulier défendu l’idée d’une taxe sur le kérosène. « Je ne comprends toujours pas pourquoi il n’y a pas de taxe sur le kérosène ! […] Il y a beaucoup à faire dans ce domaine et cela fera partie de notre plan de relance », a-t-il ainsi déclaré. 

Interpellé par Michael Bloss (Verts/ALE, allemand), le Néerlandais a réaffirmé que la Commission n’envisageait pas de rehausser l’objectif climatique européen de réduction des émissions fixé pour 2030 au-delà de -50 ou de -55 %, contrairement à ce que propose le rapporteur du Parlement sur la ‘loi climat’ (voir autre nouvelle). 

Enfin, questionné par Niels Fuglsang (S&D, danois) sur la possibilité de réviser le Pacte de stabilité et de croissance afin que l’assouplissement temporaire des règles budgétaires (EUROPE 12452/1) devienne permanent, le vice-président n’y est pas favorable à ce stade.

Il a néanmoins souligné qu’une réévaluation des dettes publiques et privées sera nécessaire et qu’il faudra donc, « à un moment donné », rediscuter des règles du Pacte de stabilité. (Damien Genicot et Pascal Hansens)

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