Selon des données recueillies et publiées vendredi 3 avril par l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), le nombre de points de recharge et de stations de ravitaillement nécessaires aux camions à motorisation alternative et à faibles émissions devra considérablement augmenter au cours de la prochaine décennie. Autrement, l’UE ne pourra atteindre ses objectifs de réduction des émissions de CO2 (EUROPE 12440/1), estime l’association.
Selon Henrik Henriksson, président du conseil d'administration des véhicules commerciaux de l'ACEA, il est urgent « que l'UE introduise des engagements contraignants pour le déploiement d'au moins 37 000 points de recharge, 50 stations de remplissage d'hydrogène et 750 stations GNL adaptées aux véhicules lourds dès 2025 ».
Les véhicules lourds ne peuvent tout simplement pas utiliser les infrastructures pour voitures particulières en raison de leur puissance et de leur demande énergétique beaucoup plus élevées ainsi que de leurs besoins spécifiques en matière d'espace, de stationnement et d'accès, rappelle l’ACEA.
M. Henriksson, tout en reconnaissant que l’industrie automobile est actuellement aux prises avec la gestion de l’épidémie de Covid-19, insiste toutefois sur l’importance de garder en vue les objectifs climatiques à long terme. « Ni l'industrie ni les décideurs politiques ne peuvent se permettre de ne pas être à la hauteur dans ce domaine aujourd'hui », souligne-t-il.
Selon les chiffres publiés par l’ACEA, 97,9% de tous les camions moyens et lourds vendus en 2019 en Europe roulaient au diesel, 0,1% à l'essence, 1,7% au gaz naturel, 0,2% à l'électricité et 0,1% étaient à propulsion hybride.
Pour atteindre les objectifs climatiques établis par l'UE et se conformer aux normes de performance en matière de CO2 pour les véhicules lourds (EUROPE 12274/28), l’association préconise donc également une multiplication par 28 des ventes de camions électriques au cours des dix prochaines années. (Agathe Cherki)