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Bulletin Quotidien Europe N° 12461
RÉPONSE EUROPÉENNE AU COVID-19 / Affaires ÉtrangÈres

Covid-19, les ministres européens veulent intensifier la réponse mondiale à la pandémie, indissociable de la réponse européenne

Les ministres européens des Affaires étrangères, réunis pour la deuxième fois par visioconférence, ont confirmé, vendredi 3 avril, leur détermination à faire de la coopération internationale la clé d'une réponse efficace à la pandémie de Covid-19, une réponse mondiale sans laquelle aucune réussite n'est à attendre, pas même en Europe. 

Ils ont confirmé leur volonté de poursuivre les efforts de rapatriement des 250 000 citoyens européens encore coincés dans les pays tiers, d'intensifier le soutien aux pays tiers vulnérables, en particulier en Afrique, et de continuer à lutter contre la désinformation - trois sujets liés aux conséquences internationales de la pandémie (EUROPE 12459/9)

Renforcer la coopération internationale. « Nous reconnaissons tous qu'il s'agit d'une crise mondiale. La réponse doit être mondiale et la priorité devrait être donnée à l'assistance aux pays les plus vulnérables. C’est aussi dans notre intérêt à plus long terme », a déclaré à la presse le Haut Représentant pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, à l'issue de la réunion ministérielle. Et d'ajouter : « Même si nous résolvons le problème en Europe, il ne sera pas résolu s'il ne l'est pas partout, car il peut se retourner contre nous à tout moment ».

D'où le soutien de l'UE à l'ONU. Le Haut Représentant a notamment évoqué la nécessité de venir en aide aux pays tiers vulnérables en conflit et de leur éviter le double fardeau d'avoir à mener « deux guerres » (voir autre nouvelle).

Une attention particulière pour l'Afrique. Insistant sur l'écart de capacités entre les systèmes de santé européen et africain (37 médecins pour 10 000 habitants contre 1 en Afrique, et un fossé énorme en ce qui concerne le nombre de lits et d'unités de soins intensifs par hôpital), M. Borrell a déclaré : « La même menace peut causer beaucoup plus de dégâts en Afrique qu'en Europe. Nous devons aider l'Afrique. C'est dans notre intérêt », eu égard, notamment, à la proximité géographique des deux continents.

Selon le Haut Représentant, un paquet d'aide est en cours de préparation par la réaffectation de fonds à la lutte contre le coronavirus et sera l'objet de la vidéoconférence des ministres européens du Développement convoquée mercredi 8 avril (EUROPE 12459/9). 232 millions d'euros ont déjà été annoncés par l'UE en soutien à la réponse mondiale, dont 129 millions pour les pays en développement (EUROPE 12453/13).

Intensifier les rapatriements de citoyens européens. Les ministres ont salué les efforts déployés par la coordination européenne de l'assistance consulaire des États membres qui assurent le plus grand nombre de vols, commerciaux, voire militaires, au-delà des vols cofinancés par le mécanisme de protection civile de l'UE. « Grâce à nos efforts, plus de 350 000 Européens ont été rapatriés. Malheureusement, il en reste 250 000. Les efforts se poursuivront. Des opérations sont en cours », a assuré le Haut Représentant. Il a souligné que « les choses sont plus difficiles de jour en jour », avec la fermeture des espaces aériens de nombreux pays (comme l'Inde, l'Afrique du Sud, le Kenya, Cuba, le Sénégal). Toutefois, selon un haut fonctionnaire européen, « il n'y a pas un seul pays où nous nous soyons heurtés à un refus absolu de faire preuve de souplesse » en réponse aux demandes européennes, qu'il s'agisse d'autorisations d'atterrissage pour les avions, de transit des passagers européens ou de prolongation de visas. M. Borrell s'est félicité de la solidarité des États membres qui rapatrient sur leurs vols d'autres citoyens européens que leurs propres ressortissants.

Continuer à lutter contre les fausses informations. Sur ce point, les ministres ont fait part de leurs vives préoccupations face à l'impact potentiellement dangereux pour la santé humaine de fausses informations qui prolifèrent, mais aussi du danger de 'fake news' à visée plus politique. « Il y a plus de solidarité entre les États membres qu'on ne le croit », a déclaré le Haut Représentant, tout en reconnaissant « un manque de communication de notre part sur ce que nous faisons ». L'unité de réponse rapide du Service européen pour l'action extérieure, dont la création est bien antérieure à la crise du Covid-19, continuera à lutter contre ces fausses informations, a-t-il assuré. Les ministres européens sont convenus, selon lui, d'accroitre leurs activités et capacités pour contrer ce phénomène. « Nous coordonnerons nos efforts avec les États membres et les médias sociaux, en coopération avec les commissaires en charge de cette question », a enfin précisé M. Borrell. (Aminata Niang)

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