Budapest a décidé, jeudi 2 avril dans la soirée, de se joindre à la déclaration sur les mesures d’urgence et le respect des principes démocratiques initiée par 16 États membres (EUROPE 12460/20), la vidant donc complètement de son sens.
Dirigée contre Budapest et les mesures adoptées le 30 mars, le texte ne nommait pas explicitement la Hongrie, une brèche exploitée par la ministre hongroise de la Justice, Judit Varga, qui a ironisé sur Twitter sur une déclaration qui avait « l’air vide sans nous ».
Un pas qui n’a pas été très apprécié par les autres signataires. Il « n’a échappé à personne que notre vigilance s’exerce en particulier sur la situation en Hongrie », commente une source diplomatique, qui assure que des questions seront posées à la Hongrie.
Les moyens d’action restent cependant limités : si une bonne partie des signataires souhaitent que le Conseil 'Affaires générales' se saisisse du sujet, aucune réunion n’est prévue en avril. Jeudi soir, la Présidence croate n’avait pas reçu de requête spécifique pour une réunion extraordinaire.
En attendant, Viktor Orbán a, lui aussi, sorti sa plume et écrit au secrétaire général du PPE, Antonio López-Istúriz White. Dans une lettre révélée par les médias hongrois, il y fait part de son agacement face à la polémique et se dit prêt à en discuter « dès que la pandémie sera finie ». Mais, pour le moment, « je n’ai pas le temps pour ça ! », a-t-il affirmé. (Solenn Paulic)