La lutte contre la désinformation est nécessaire face à la pandémie, a admis la Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Dunja Mijatović, vendredi 3 avril. « Malheureusement, certains gouvernements l'utilisent comme prétexte à des restrictions disproportionnées à la liberté de la presse », a-t-elle constaté. Selon elle, cette approche doit cesser, car elle « entrave le travail des médias » et « restreint » le droit à l'information.
Les exemples suivants sont cités : - la Fédération de Russie et la Hongrie, où « les journalistes couvrant la pandémie s'exposent à des sanctions allant jusqu'à cinq ans de prison pour diffusion de 'fausses informations' » ; - l'Azerbaïdjan, où de récents amendements obligent les plateformes à bloquer la diffusion d'« informations nuisibles » ; - la Roumanie, où un décret autorise les autorités à supprimer des contenus et à bloquer des sites en cas de « fausses informations », le tout sans possibilité de recours ; - la Bosnie-Herzégovine, où des décrets et propositions législatives sanctionnant « la circulation d'informations pouvant provoquer la panique » risquent de « limiter le travail des journalistes et la liberté d'expression sur les médias sociaux » ; - et l'Arménie, où des journaux et sites Internet ont dû « supprimer certaines informations à la suite de l'adoption de règles strictes interdisant la publication d'informations de nature médicale et épidémiologique non conformes aux sources officielles ».
En République tchèque, en Serbie et en Italie, des journalistes ont été empêchés d'obtenir des informations auprès des autorités sanitaires ou de documenter les opérations d'application des lois.
En Turquie, des journalistes ont été arrêtés après un reportage sur la pandémie et en Slovénie, un journaliste a subi une campagne de diffamation menée par des médias proches de la coalition au pouvoir après avoir cherché des informations sur les mesures nationales adoptées. (Véronique Leblanc)