La commissaire européenne à l'Égalité, Helena Dalli, la commissaire à la Santé, Stella Kyriakides, ainsi que le commissaire en charge de l’Emploi et des Droits sociaux, Nicolas Schmit, ont adressé, mercredi 8 avril, une lettre aux ministres européens compétents afin d’attirer leur attention sur la situation des « populations vulnérables », davantage exposées à la crise sanitaire.
Ils exhortent les États membres à accorder une attention particulière aux personnes âgées, en situation de handicap, aux femmes, aux hommes et aux enfants isolés à la maison avec un partenaire violent, aux communautés roms, aux personnes LGBTQI, issues de minorités raciales ou encore aux personnes sans-abri.
« Nous sommes prêts à soutenir vos efforts visant à garantir que les mesures d'intervention d'urgence tiennent également compte de ces groupes vulnérables. Nos services sont prêts à vous aider à échanger les bonnes pratiques sur la manière de répondre à leur situation spécifique », indiquent les trois commissaires.
Ils appellent notamment à ce que la continuité des services d’accompagnement et de soins soit assurée pour les personnes âgées comme pour les personnes en situation de handicap, y compris à domicile. Ils soulignent également l’importance d’apporter une protection aux victimes de violences domestiques – les personnes LGBTQI notamment – exacerbées par les mesures de confinement.
Les commissaires soulignent également l’exposition accrue des communautés roms au Covid-19, rappelant que celles-ci, d’une part, sont amenées à se déplacer, et, d’autres part, n’ont en général pas accès, ou de façon limitée, aux services de santé, aux prestations sociales ou encore à l’eau potable et à la nourriture. Ils prônent ici le « recours à des travailleurs de terrain et à des médiateurs médicaux travaillant dans ces communautés, pour apporter en toute sécurité le soutien dont elles ont tant besoin » (EUROPE 12463/24).
Enfin, les signataires font état d’inégalités raciales exacerbées et appellent à ce que des efforts supplémentaires soient fournis par les autorités nationales pour s'assurer que la haine contre les minorités raciales, les demandeurs d'asile et les personnes sans papiers ne se propage pas dans le contexte de la crise.
Populations discriminées. Dans une étude publiée mardi 7 avril, l’Agence des droits fondamentaux de l'UE (FRA) détaille également les conséquences de l'épidémie pour ces différentes populations.
Elle consacre notamment une partie de cette étude, qui porte sur la période du 1er février au 20 mars 2020, aux incidents racistes, xénophobes et d'intolérance visant certaines communautés nationales ou ethniques liés à la pandémie.
Ainsi, dans la plupart des États membres de l'UE, des cas de discrimination raciale dans l'accès aux biens et aux services, de déclarations politiques ou encore d’agressions physiques à l’encontre de personnes d'origine chinoise et asiatique essentiellement, ont été observés.
« Toutefois, il n'existe encore que très peu de données officielles sur la prévalence de ces incidents », déplore la FRA, qui s'appuie essentiellement sur les faits rapportés par les organisations de la société civile et les médias.
Pour consulter l'étude : https://bit.ly/2RjXqqb (Agathe Cherki)