La vice-présidente de la Commission européenne chargée des Valeurs et de la Transparence, Věra Jourová, s’est entretenue, vendredi 27 mars, avec les représentants de plateformes en ligne et autres signataires du code de bonnes pratiques de l'UE concernant la désinformation (EUROPE 12104/1).
Cette réunion, tout comme celle qui s’était tenue début mars (EUROPE 12438/18), devait permettre de faire le point sur la diffusion de la désinformation liée à la pandémie de Covid-19.
Des résultats positifs. Les participants à la réunion ont confirmé qu’ils observaient un flux constant d’informations fausses, qu’ils suppriment en grande quantité.
Ils ont par ailleurs assuré avoir mis en place des mesures visant à promouvoir les informations des autorités sanitaires et à protéger les utilisateurs des publicités abusives. En supprimant les annonces relatives aux masques de protection, par exemple.
Des mesures dont les résultats sont positifs, ont relevé les plateformes. Toutes ont, par exemple, « noté une augmentation du trafic vers les sources faisant autorité, notamment dans le domaine de la santé », souligne la Commission.
« Faire davantage ». L'institution estime toutefois que des lacunes subsistent dans l’application de ces nouvelles politiques.
Mme Jourová a notamment exhorté les plateformes à partager davantage de données avec les chercheurs et à collaborer avec les autorités des États membres. Elle les a notamment invitées à « partager les échantillons de contenu supprimé, y compris avec la Commission », afin de mieux cibler leur réponse et de mieux comprendre la situation.
Enfin, les participants se sont engagés à mieux lutter contre la diffusion de fausses informations sur certaines applications ou services cryptés tels que WhatsApp.
Tous ont convenu d'être en contact régulier et fréquent et de discuter à nouveau de ces questions dans les semaines à venir. « Il faut faire davantage, tant du côté des plateformes que des autorités », a souligné la commissaire, appelant les participants à « redoubler d'efforts pour appliquer pleinement leurs nouvelles politiques et apporter plus de preuves que leurs mesures sont efficaces ».
Nouvel outil. Ce lundi, par ailleurs, la Commission a indiqué avoir ouvert une « section consacrée à la lutte contre la désinformation » sur sa page 'Réaction face au coronavirus'.
Pour l'heure, le contenu de cette section se résume essentiellement au démenti de fausses informations sur le virus (« la crise du coronavirus ne signale pas l'effondrement de l'espace Schengen », « les migrants n'apportent pas le Covid-19 en Europe », etc.) et à un renvoi vers les conseils d'autorités sanitaires telles que le Centre européen de prévention et contrôle des maladies (CEPCM) et l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Enfin, sur demande de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, Mme Jourová intègrera l'équipe de réaction au coronavirus « pour coordonner les travaux sur tous les aspects liés à la désinformation et aux contenus faux et préjudiciables ». (Agathe Cherki)