Alors que les premiers cas de coronavirus ont été recensés en Libye, le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité a appelé, le 27 mars, au nom de l’UE, à un cessez-le-feu immédiat.
« L'UE et ses États membres regrettent que les combats se soient intensifiés en Libye malgré les appels internationaux en faveur d'une trêve humanitaire pour aider à contenir la pandémie de coronavirus dans le pays », a souligné le Haut Représentant dans sa déclaration. Selon lui, les circonstances difficiles créées par la pandémie de coronavirus rendent encore plus urgente la nécessité d'arrêter les combats.
« Nous demandons instamment à tous les acteurs libyens concernés d'arrêter immédiatement les combats et de s'engager à trouver une solution politique à la crise », ont donc exigé les Européens, expliquant qu'une trêve permettrait de prendre plus facilement toutes les mesures nécessaires pour protéger la population de la pandémie. « Nous soutenons et encourageons fortement les efforts des autorités sanitaires libyennes à s'unir afin de venir en aide à la population. Les travailleurs de la santé doivent être protégés à tout moment », ont-ils prévenu.
Les Européens ont lancé un appel aux dirigeants des deux parties - le Président du Conseil présidentiel de Libye, Fayez el-Sarraj, et le maréchal Khalifa Haftar - à s'engager à respecter le projet d'accord de cessez-le-feu élaboré par le Comité militaire mixte, pour que tous les moyens disponibles puissent être déployés en priorité pour contenir la crise du coronavirus.
De plus, toutes les parties doivent s'engager de manière constructive dans les négociations intra-libyennes afin de convenir de mesures économiques et financières urgentes, ont prévenu les Européens, estimant aussi qu’il était crucial de sauvegarder les ressources pétrolières, de protéger ses infrastructures et de reprendre la production « de toute urgence, sous les auspices de la Compagnie nationale de pétrole ».
Les Européens ont aussi demandé à tous les États membres de l’ONU de respecter et de faire respecter l'embargo sur les armes, alors que la nouvelle mission de l’UE, Irini, devrait être en place dans les prochaines heures (EUROPE 12455/24). Tous ces États doivent aussi mettre fin à l'afflux de combattants étrangers en Libye et s’abstenir de toute action déstabilisatrice susceptible de détériorer davantage la situation, ont-ils ajouté.
La déclaration réitère également la volonté de l'UE et des États membres de déployer tous les instruments nécessaires pour assurer la pleine mise en œuvre des conclusions de la conférence de Berlin. Il est nécessaire de nommer un nouveau représentant spécial, après la démission de Ghassan Salamé, ajoute la déclaration.
Par ailleurs, lundi 30 mars, l’UE a prolongé jusqu’au 2 octobre ses sanctions à l’encontre du président du Conseil libyen des députés à la Chambre des représentants, Aguila Saleh, du président du Congrès général national, Nouri Abou Sahmein, et du Premier ministre de ce Congrès non reconnu par la communauté internationale, Khalifa al-Ghweil. (Camille-Cerise Gessant)