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Bulletin Quotidien Europe N° 12457
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INSTITUTIONNEL / Hongrie

Le parlement hongrois approuve le régime d'exception conférant à Viktor Orbán de nouveaux pouvoirs

Source de préoccupation pour les ONG, mais aussi pour le Conseil de l’Europe et la commission des Libertés civiles du PE, la loi hongroise sur l’état d’urgence en réaction au Covid-19 a été approuvée le 30 mars par le parlement hongrois par 137 voix contre 53.

Le commissaire européen à la Justice, Didier Reynders, a fait savoir sur Twitter, dans la foulée, que la Commission européenne examine « les mesures d’urgence prises par les États membres au regard des droits fondamentaux ». «  C’est notamment le cas pour la loi votée aujourd’hui en Hongrie à propos de l’état d’urgence et de nouvelles sanctions pénales pour la diffusion de fausses informations », a-t-il ajouté.

Cette loi, qui a fait l’objet de plusieurs courriers entre le Conseil de l’Europe et le gouvernement de Budapest, criminalise en effet la diffusion d’informations qualifiées de fake news par le gouvernement et susceptibles de créer la panique et la rend passible d’une peine de prison pouvant aller jusqu’à 5 ans.

Elle confère de manière générale au Premier ministre, Viktor Orbán, le pouvoir de gouverner par décret pour une durée illimitée. L’assemblée est suspendue et la violation des règles de quarantaine pourra aussi amener à des peines de prison, jusqu’à 8 ans, selon les médias hongrois. Il n'y aura pas non plus d’élections ou de référendum sur cette période.

Le porte-parole du gouvernement, Lazslo Kovacs, a dit sur Twitter que ce régime d’exception n’était pas « illimité du fait que le parlement peut (le) suspendre » et que la situation durera seulement « le temps de la crise » du coronavirus.

Il répondait aux commentaires selon lesquels la Hongrie serait en train de devenir une dictature, avec un Viktor Orbán sans aucun contre-pouvoir. La Commission européenne a plusieurs fois répété la semaine dernière qu’elle évaluait la situation de très près.

Le groupe des Verts/ALE au PE a jugé cette étape « dangereuse » et appelé la Commission à agir. L’ancien Premier ministre italien Matteo Renzi, pour sa part, a demandé aux Vingt-six de réagir fermement ou d'exclure sur-le-champ la Hongrie de l’UE. (Solenn Paulic)

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