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Bulletin Quotidien Europe N° 12445
RÉPONSE EUROPÉENNE AU COVID-19 / Bce

L'institut monétaire intervient pour contrer les risques que le virus Covid-19 fait peser sur l'économie de la zone euro

Dans la réponse à l'impact négatif « sérieux », mais, espérons-le, « temporaire », de la pandémie de virus Covid-19 sur l'économie de la zone euro, les autorités budgétaires doivent être en première ligne pour agir de manière prompte, ambitieuse et collective, a déclaré la présidente de la BCE, Christine Lagarde, jeudi 12 mars à Francfort.

Le Conseil des gouverneurs soutient les chantiers en cours au sein des gouvernements de la zone euro pour donner à leur système de santé les moyens de combattre la pandémie ainsi que les mesures d'accompagnement qu'élaborent en ce moment même les institutions européennes et qui devraient être présentées ce vendredi (EUROPE 12444/8, 12444/9). Il espère que l'Eurogroupe, lundi 16 mars, sera déjà en mesure de prendre des décisions en la matière (EUROPE 12441/17).

Nouvelles mesures monétaires accommodantes. Mais la pandémie actuelle, dont l'épicentre se situe actuellement en Europe, représente « un choc majeur » pour l'économie de la zone euro en perturbant les chaînes internationales de production et en réduisant la consommation, a ajouté Mme Lagarde.

Une telle situation nécessite donc pour la BCE des mesures additionnelles de politique monétaire accommodante sur trois fronts : - la fourniture massive de liquidités aux opérateurs économiques ; - le soutien à l'octroi de crédits en direction de l'économie réelle ; - la préservation de la stabilité financière.

À « l'unanimité », le Conseil des gouverneurs a donc décidé d'adopter de nouvelles mesures énergiques qu'il espère temporaires. Ce paquet, que les marchés financiers n'ont pas accueilli jeudi avec soulagement, prévoit tout d'abord des opérations additionnelles de refinancement à long terme (LTROs) destinées à servir de filets de sécurité ('backstop'), si nécessaire.

Deuxièmement, des conditions financières très favorables ainsi qu'un accès à des volumes financiers plus importants seront mis en place par la BCE dans le cadre des opérations (TLTROs) de refinancement sur la période juin 2020-juin 2021. « Ces opérations soutiendront l'octroi de crédit aux opérateurs les plus touchés par la propagation du coronavirus, en particulier les PME », a estimé Mme Lagarde.

La BCE a également décidé d'allouer une enveloppe de 120 milliards d'euros pour 2020, qui s'ajoute à son opération APP de rachat massif d'actifs sur les marchés relancée en septembre 2019 malgré les divisions internes à l'institution européenne. Objectif : maintenir des conditions favorables sur les marchés en cette période d'incertitude aiguë.

L'opération APP se poursuivra aussi longtemps que nécessaire pour une période prolongée tant que les taux directeurs n'auront pas été augmentés. Jeudi, l'institution monétaire n'a d'ailleurs pas modifié ces derniers, qui resteront très bas, voire négatifs, tant que l'inflation n'aura pas retrouvé une trajectoire à moyen terme conforme à sa mission fondamentale, à savoir un niveau proche, mais inférieur à 2%.

La relance de l'opération de rachat massif de titres publics ou souverains est-elle envisageable si un pays, comme l'Italie, est de nouveau chahuté sur les marchés financiers ? « Nous ne sommes pas là pour faire diminuer les 'spreads'. Il y a d'autres instruments et d'autres acteurs pour cela », a considéré Mme Lagarde. Toutefois, nous sommes disposés à déployer toutes nos opérations d'achat pour affronter les problèmes là où ils se situent et, « faites-moi confiance, nous le ferons », a-t-elle promis.

En outre, la BCE agissant en tant que superviseur bancaire unique européen a décidé d'appliquer le cadre prudentiel bancaire de façon flexible afin de surmonter la situation actuelle. Les banques seront ainsi autorisées à opérer de façon temporaire en dessous de certains niveaux de fonds propres normalement exigés (Pillar 2 guidance, capital conservation buffer, liquidity coverage ratio, countercyclical capital buffer). Elles pourront aussi utiliser certains instruments financiers qui ne devraient pas être qualifiés de qualité optimale (CET1) en temps normal. Cette dernière disposition aurait dû entrer en vigueur en janvier 2021 au regard des règles prudentielles de l'UE (directive 'CRD V').

Sur la question du niveau pertinent - national ou européen - pour fournir des garanties publiques au secteur bancaire, Mme Lagarde n'a pas tranché, se limitant à demander aux décideurs politiques d'agir vite pour que les crédits bancaires continuent d'irriguer l'économie réelle.

Une croissance sensiblement revue à la baisse pour 2020. La pandémie de Covid-19 ne se reflète que partiellement dans les prévisions économiques. Ainsi l'institut monétaire prévoit désormais une croissance du PIB de la zone euro de 0,8% en 2020, 1,3% en 2021 et 1,4% en 2022.

Évoquant une balance des risques clairement orientée à la baisse, Mme Lagarde a indiqué que le ralentissement de la croissance sera particulièrement conséquent au premier semestre 2020, une amélioration étant espérée à la fin de l'année. Ces prévisions n'incluent la décision prise la veille par le président américain, Donald Trump, de suspendre les vols en provenance des pays membres de l'espace Schengen de libre circulation des personnes.

Sur le front de l'inflation, les perspectives en matière de hausse des prix sur une base annuelle restent globalement inchangées : 1,1% en 2020, 1,4% en 2021 et 1,6% en 2022.

Voir les décisions de la BCE: http://bit.ly/3cMySPA   (Mathieu Bion)

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