Les ministres de l’Intérieur de l’UE se réuniront physiquement, ce vendredi 13 mars à Bruxelles, pour une session raccourcie et concentrée sur l’adoption des lignes directrices en matière de Justice et d'Affaires intérieures, sur la situation à la frontière gréco-turque et, naturellement, sur l'état de la situation liée à la diffusion du coronavirus, qui sera abordé au déjeuner et pourrait soulever des questions plus larges concernant l’espace Schengen.
Cette réunion formelle - amputée de la partie 'Justice' - sera ainsi l’occasion pour les ministres et représentants de ministres de continuer les discussions du 4 mars, date à laquelle ils s’étaient déjà réunis en urgence pour évoquer la situation des milliers de migrants arrivés à la frontière gréco-turque. Les ministres avaient alors acté des mesures opérationnelles pour surveiller la frontière extérieure grecque. Ils devraient poursuivre cette discussion sur les moyens humains ou en équipements promis à Athènes (EUROPE 12439/1).
Le plan d’action pour relocaliser des mineurs isolés depuis les îles grecques vers d’autres États membres de l'UE pourrait aussi être évoqué. La Commission sera invitée à revenir sur sa visite du 12 mars en Grèce (voir autre nouvelle).
En ce qui concerne le coronavirus, la discussion est censée, à ce stade, ne porter que sur les aspects de protection civile, mais plusieurs délégations comptent soulever la question des contrôles aux frontières intérieures de Schengen.
L’Autriche est actuellement le seul pays à avoir notifié des contrôles temporaires à la frontière avec l’Italie, mais de nombreux pays font des contrôles de ‘santé’ dans les zones frontalières, dans les transports. La Slovaquie et la République tchèque ont à leur tour annoncé la fermeture de leurs frontières et des interdictions d’entrée pour certains ressortissants de l’UE.
L’objectif de cette discussion sur Schengen serait d’appeler à se coordonner et à se consulter en cas de rétablissement des frontières.
Il est également possible que les ministres reviennent sur l’interdiction d’entrée de 30 jours aux ressortissants des 26 pays membres de Schengen imposée par le président américain, Donald Trump.
Orientations stratégiques. Les ministres devraient adopter les orientations stratégiques du Conseil de l’UE pour les 5 prochaines années en matière de Justice et d'Affaires intérieures. Celles-ci seront ensuite formellement adoptées par le Conseil européen les 26 et 27 mars prochains.
Aucun changement n’a été apporté au texte par rapport à la version du 2 mars (EUROPE 12440/9), qui reste la dernière mouture ayant été discutée, selon une source européenne.
Le texte se concentre sur quatre questions transversales, à savoir : - les valeurs communes et l'État de droit ; - la confiance mutuelle ; - la protection de l’intégrité de l’espace européen commun ; – les nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle.
Il n’y aurait par ailleurs pas eu de grande discussion sur le texte, mercredi 11 mars, lors de la réunion des ambassadeurs des États membres auprès de l’UE (Coreper). Certaines délégations n’auraient pas pu marquer leur accord sur le texte, préférant laisser la décision entre les mains des ministres vendredi, selon cette même source. Le point fera donc l’objet d’un échange de vues. (Solenn Paulic et Marion Fontana)