Les inégalités économiques, la cyberviolence et le changement climatique affectent davantage les femmes. C’est ce que met en avant l’Institut européen pour l'égalité entre les hommes et les femmes (EIGE) dans son cinquième bilan de la mise en œuvre du programme d’action de Pékin, publié mardi 10 mars.
Ce rapport analyse l’application dans les pays de l’UE du cadre de référence adopté lors de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes à Pékin, en 1995. Il constate notamment que les femmes effectuent, en moyenne, 13 heures de travail non rémunéré de plus par semaine que les hommes.
Or, les inégalités économiques dues au partage inégal des tâches ménagères non rémunérées limitent les possibilités de carrière des femmes et les empêchent d'accéder à des postes de pouvoir, constate l’EIGE.
Le rapport présente par ailleurs la cyberviolence comme une préoccupation croissante : 20% des jeunes femmes ont été victimes de harcèlement sexuel en ligne et environ quatre femmes journalistes sur dix ont fait état d'une autocensure à la suite d'abus en ligne.
Enfin, l'EIGE pointe du doigt les inégalités de genre face au changement climatique. Les femmes âgées bénéficiant de petites pensions et les mères célibataires, notamment, « sont les plus touchées par la pauvreté énergétique, ce qui signifie qu'elles ont des difficultés à payer les factures d'énergie pour chauffer leur maison en hiver ou pour garder les lumières allumées », précise l’institut dans un communiqué.
« Vingt-cinq ans après l’adoption du Programme d’action de Pékin, d’importants efforts restent encore à fournir », avait souligné la députée Mairead McGuinness (PPE, irlandaise), mardi 10 mars, jour de la publication du rapport, alors qu’elle présidait un débat au PE consacré à la Journée internationale des droits des femmes (EUROPE 12443/4). (Agathe Cherki)