Plusieurs dirigeants de pays des Balkans occidentaux ont pressé l'Union européenne de revoir le processus d'élargissement à l'UE et ont fait part de leur impatience sur la question, mardi 3 décembre, à Bruxelles, lors de la conférence annuelle du think tank Friends of Europe.
« L’UE commet une erreur avec notre région. Retarder l’élargissement entraîne de nouveaux problèmes », a averti le président du Kosovo, Hashim Thaçi. L'absence de décisions des Européens conduit, selon lui, à la montée du nationalisme dans les Balkans occidentaux et à la régression de certains pays sur le plan démocratique.
« Toutes les réformes entreprises par les pays candidats sont menacées par le populisme », a-t-il déploré, assurant par ailleurs que, là où l’UE ne se positionne pas, la Russie le fera.
Plusieurs dirigeants ont exprimé leur déception quant au blocage des négociations d'adhésion pour la Macédoine du Nord et l'Albanie (EUROPE 12351/4). Ils estiment que la balle est désormais dans le camp européen.
« Que peut-on encore attendre d’un pays qui est allé jusqu’à changer son nom et se voit refuser les négociations ? », s’est notamment interrogé Josip Brkić, ministre adjoint bosnien des Affaires étrangères.
Un processus d’élargissement plus efficace
Les Balkans occidentaux comptent parmi les priorités de la nouvelle Commission, a assuré Christian Danielsson de la Direction générale 'Politique de voisinage et négociations d'élargissement' de la Commission. Comme nombre d’intervenants, il a estimé que pour progresser sur ce dossier, il faudrait revoir le processus d’adhésion.
« Nous réfléchissons à la manière dont nous pourrions rendre plus crédible et plus efficace ce processus », a déclaré Tanja Fajon (S&D, slovène), présidente de la délégation UE/Serbie du Parlement européen. « Ouvrir et fermer des chapitres [de négociations, NDLR] n’a plus rien de concret pour les citoyens et les gouvernements », a-t-elle constaté.
Une telle ligne est défendue par la France, qui a présenté en novembre des propositions pour réformer le processus d'adhésion (EUROPE 12371/17).
Les dirigeants des Balkans attendent beaucoup de la présidence croate du Conseil, qui débutera en janvier 2020. Le ministre croate du Développement régional, Marko Pavić, quant à lui, a salué les efforts de la présidence finlandaise, blâmée par le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, qui, la veille, avait qualifié d'« énorme échec » l'incapacité de la Finlande à obtenir des avancées sur l'élargissement.
Beaucoup fondent également leurs espoirs sur le sommet UE/Balkans occidentaux de Zagreb, prévu pour mai 2020. « Je reste optimiste quant à ce sommet. Mais pas enthousiaste », a ainsi conclu le président Thaçi. (Agathe Cherki - stage)