Le directeur général de l’Organisation internationale des Migrations (OIM), António Vitorino, est venu, lundi 2 décembre, devant la commission des libertés civiles du Parlement européen (LIBE) pour donner « l’alerte » sur la situation migratoire dans les îles grecques, mais aussi dans l'ensemble de la région, à Chypre ou encore en Bosnie.
Sans vouloir créer « la panique », celui qui a été président de la commission LIBE, puis commissaire européen, a souligné que la situation s’était nettement tendue ces derniers mois et semaines, avec une « augmentation en flèche » des arrivées en Grèce comme à Chypre sur les deux dernières années. Les Européens devraient donc travailler à mieux prévenir ces mouvements et mieux se préparer aux arrivées.
L’OIM gère 29 centres d’accueil temporaires en Grèce et abrite notamment 4 200 mineurs non accompagnés.
Mais le directeur de l’OIM a également parlé de la situation dans le monde et s’est beaucoup inquiété de celle du Venezuela, avec des millions de déplacés. Une situation qu’il estime similaire « à la crise syrienne ».
À l’occasion de la publication d’un rapport mondial sur les migrations et un an après le Pacte de Marrakech, il a aussi rappelé que les migrants dans le monde ne sont que 272 millions, la plupart étant des migrants économiques et que, même s’ils ont été « 100 millions » de plus depuis le début du 21e siècle, ils ne constituent toujours que 3,5% de la population mondiale.
Le Portugais a aussi souligné que, dans la plupart des régions du monde, que ce soit en Asie ou en Afrique, la majorité des migrants restent proches de leur pays d’origine et restent dans les zones voisines, mais il a mis en garde contre les migrations à venir, en lien avec le changement climatique. (Solenn Paulic)