La commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Dunja Mijatović, réclame des éclaircissements sur les nouvelles mesures migratoires annoncées par la Grèce le 20 novembre dernier.
Ces mesures répondent à la situation dramatique des migrants et demandeurs d'asile bloqués dans les îles de la mer Égée et consistent en un plan en deux étapes (EUROPE 12378/7). La première consistera à transférer 20 000 personnes vers le continent. La seconde prévoit de fermer les centres de réception et d'identification des îles de Samos, Chios et Lesbos avant de construire de nouvelles installations qui complèteront celles de Kos et Leros.
Quel sera le régime de privation de liberté en vigueur dans ces cinq structures ? Concerneront-elles les personnes qui n'auront pas encore été transférées vers le continent au moment de leur ouverture ? Tous les nouveaux arrivants y seront-ils hébergés ? Autant de questions posées par la commissaire dans une lettre envoyée le 25 novembre et publiée ce 3 décembre.
La détention doit être une mesure de dernier ressort, a réaffirmé Mme Mijatović, en insistant sur le sort des enfants et des personnes vulnérables (EUROPE 12376/23).
Dans sa réponse datée du 29 novembre, Michalis Chrysochoidis, ministre grec à la Protection des citoyens, assure que la nouvelle loi « reflète pleinement l'acquis de l'Union européenne » et promet que « le gouvernement est déterminé à créer un système d'asile conforme aux obligations relevant du droit international en matière de droits de l'homme ».
La commissaire a d'ores et déjà demandé des précisions sur les mesures prises afin d'améliorer les conditions de vie des personnes relevant des infrastructures toujours opérationnelles dans les îles de la mer Égée. (Véronique Leblanc)