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Bulletin Quotidien Europe N° 12382
POLITIQUES SECTORIELLES / Climat

Tout en saluant la nouvelle politique de la BEI, des députés doutent des investissements dans le gaz 'à faibles émissions'

Les députés de la commission de l'environnement du Parlement européen se sont quasiment tous félicités, mardi 3 décembre à Bruxelles, du virage opéré par la BEI dans sa politique de prêts au secteur énergétique, considérant que la transformation de cette banque européenne d'investissement en banque du climat est une avancée, « un pas dans la bonne direction » (EUROPE 12370/11).

Toutefois, des doutes et des interrogations se sont exprimés, surtout à gauche et chez les Verts/ALE, à l'occasion d'un échange avec le directeur de la BEI, Werner Hoyer, sur ce que sont les projets de gaz à émissions faibles que la BEI financera.

« Un paragraphe dans la résolution adoptée la semaine dernière par le Parlement européen en vue de la COP25 se félicitait de la nouvelle politique de prêts de la BEI », a rappelé le président de la commission parlementaire, Pascal Canfin (Renew Europe, français).

Werner Hoyer a insisté sur l'alignement de toutes les activités de la BEI sur les objectifs de l'Accord de Paris à compter de fin 2020 (la part de ses activités en faveur du climat devant atteindre 50% d'ici à 2025) et sur son engagement à contribuer à la levée de 1 000 milliards d'euros d'investissements durables.

Le PPE, citant des pays fortement dépendants du charbon, comme la Pologne, s'est dit favorable aux projets de gaz en combinaison avec les renouvelables.

Les groupes S&D, Verts/ALE et GUE/NGL, quant à eux, ont demandé à l'unisson ce qu'est le « gaz à faibles émissions ».

Un expert de la BEI a rappelé que, pour la production d’électricité, il est proposé d'utiliser toutes les technologies disponibles, mais que, pour le gaz, il faudra s’adapter à la nouvelle norme de 250 grammes de CO2 par kWh d'électricité produite (la moitié de la norme actuelle).

Pour que les nouveaux projets respectent cette nouvelle norme, il n’y a que 3 solutions : - associer la production de chaleur et utiliser le surplus produit ; - mélanger les gaz renouvelables, les biogaz et, à l’avenir, l’hydrogène, pour la production de gaz ; - combiner la capture et le stockage de gaz, a-t-il affirmé.

Selon lui, « la norme de 100 grammes défendue dans la taxonomie durable concerne les financements verts de projets apportant une contribution positive à l'atteinte des objectifs environnementaux, alors que la norme 250 est alignée sur l'Accord de Paris, cela veut dire qu'on n'aggrave pas la situation, qu'on ne provoque pas de dégâts ».

Alexander Vondra (CRE, tchèque) a demandé si le projet de parachèvement du raccord périphérique de Prague pourra être éligible, alors qu'il permettra, certes de réduire la pollution dans son pays, mais ne contribuera pas au respect de l'Accord de Paris, puisque les véhicules contourneront la capitale. 

Pour ID, la transformation de la BEI en banque du climat est le « dernier avatar de la constitution d'une bulle économique ». (Aminata Niang)

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