Le moins que l'on puisse dire, c'est que la première intervention publique du nouveau commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton, n'est pas passée inaperçue. Devant les ministres des Télécommunications, mardi 3 décembre, il a déclaré qu'il allait soumettre une nouvelle proposition sur le règlement relatif à la confidentialité des communications en ligne, avant de nuancer son propos en conférence de presse.
« Dans ce que j’ai dit, il y a aussi l’option du retrait. Mais aujourd'hui, c’est trop tôt. La seule chose que je dis aujourd'hui, c’est qu'il y a peut-être plus de divergences que je ne le pensais », a-t-il clarifié en conférence de presse. Plus tôt, lors de la réunion des ministres, il avait affirmé, en anglais : « Je propose, pour la prochaine présidence, que nous présentions une nouvelle proposition répondant à toutes vos inquiétudes et vos intérêts. Il y a un besoin urgent d'aller de l'avant ».
Le 22 novembre, le Comité des représentants permanents avait échoué à se mettre d'accord sur ce texte, qui remplace l'actuelle directive sur la confidentialité des communications électroniques (e-Privacy) pour englober les services d'appel ou de messagerie instantanée, comme WhatsApp (EUROPE 11700/1). Au moins 14 États membres s'y étaient opposés (EUROPE 12375/11).
Nombre d'entre eux ont d'ailleurs rappelé leur opposition lors du tour de table organisé le 3 décembre, certains allant même jusqu'à appeler à reprendre les travaux de zéro, comme le réclame l'industrie. C'est le cas de la Slovaquie, de la République tchèque, du Portugal, de la Belgique, de la France et de l'Autriche.
En conférence de presse, Thierry Breton a invoqué son « droit d'étonnement ». « J’ai dit deux choses : d'une part, je vais aller voir chacun pour comprendre, y compris chez eux. Et puis j’ai dit au président croate : ensemble, on va travailler et voir ce que vous voulez faire. Je vais être à son service. Il va bénéficier du fait qu'il y a quelqu'un de neuf dans le système pour voir si on peut trouver des solutions, amender le texte ou être plus radical. » (Sophie Petitjean)