La présidente élue de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, participera à son premier sommet européen, jeudi 17 et vendredi 18 octobre, alors que l'entrée en fonction du Collège qu'elle présidera sera retardée de quelques semaines.
Les chefs d'État ou de gouvernement souhaitent notamment savoir comment Mme von der Leyen entend décliner le programme de travail qu'elle a dévoilé fin juillet au Parlement européen (EUROPE 12297/1) et dans quelle mesure ce programme est compatible avec l'agenda stratégique pour le nouveau cycle institutionnel que le Conseil européen a adopté fin juin (EUROPE 12279/1).
« Mme von der Leyen présentera son interprétation de l'agenda stratégique. Elle a ses six priorités et le Conseil européen en a quatre », a noté, mercredi 16 octobre, une source diplomatique nationale.
Sans surprise, il sera également question de l'entrée en fonction de la future Commission après le rejet des commissaires désignés hongrois, roumain et français lors du processus des auditions au Parlement européen.
« On perd un temps précieux. Il est normal que les chefs d’État ou de gouvernement, avec la présidente élue, se penchent sur la question de comment faire redémarrer la machine », a estimé cette même source.
« Le Parlement européen n’a plus tout à fait la cohésion qu’il avait. Le duopole n’existe plus », a considéré une deuxième source diplomatique.
Du côté français, on souhaite des discussions - lors du sommet européen ou en marge de celui-ci, au sein des familles politiques - sur les conditions de la stabilité politique au niveau européen face à l'incertitude observée au PE. Le président français, Emmanuel Macron, participera pour la première fois à la réunion de la famille libérale européenne.
Selon Paris, il ne s'agit pas, pour les groupes politiques proeuropéens, de formaliser un accord de coalition, mais de donner de la visibilité à la Commission sur la majorité qui la soutient. C'est un préalable à la présentation, au plus tôt en fin de semaine, d'une nouvelle candidature française pour le portefeuille du marché intérieur, dont les contours ne doivent pas changer.
Pour reprendre l'initiative, Mme von der Leyen a invité les chefs des principaux groupes politiques du PE afin de discuter, vendredi 18 octobre, autour d'un petit-déjeuner (EUROPE 12349/8). Ont confirmé leur participation les présidents des groupes PPE, l'Allemand Manfred Weber, et Renew Europe, le Roumain Dacian Cioloș. Au groupe S&D, on indique que L'Espagnol Iratxe García Pérez s'y rendra si la rencontre a bien lieu. Depuis Londres, le co-président du groupe Verts/ALE, le Belge Philippe Lamberts, a dit à EUROPE que de telles discussions, si elles ont lieu, n'incluaient pas les écologistes. (Mathieu Bion avec la rédaction)