Les Vingt-huit n'ont pas réussi à trouver une position commune, jeudi 20 juin au cours d'un dîner qui aura duré quatre heures, sur la répartition des hautes fonctions européennes - présidences de la Commission européenne, du Conseil européen, du Parlement européen, de la BCE et Haut Représentant de l'UE aux Affaires étrangères et à la Politique de sécurité - à pourvoir d'ici à l'automne.
« Il n'y a eu aucune majorité sur aucun candidat », a déclaré le président du Conseil européen, Donald Tusk. Interrogé sur de possibles avancées permettant de réduire les options, il a refusé de spéculer sur un nom ou un poste. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a constaté avec plaisir qu'il était difficile de le remplacer.
« Nous n'avons pas beaucoup avancé », a admis une source européenne, constatant que les acteurs principaux se reverront au sommet du G20 d'Osaka les 28 et 29 juin. Selon elle, les Vingt-huit ne reparleront pas des nominations ce vendredi.
L'objectif du Conseil européen est désormais de parvenir à une décision sur un ensemble de nominations qui reflète la diversité de l'UE avant la session constitutive du Parlement européen le 2 juillet, lors d'un nouveau sommet européen, dimanche 30 juin.
Le Conseil européen sait que la personnalité politique qui présidera la Commission européenne devra recueillir le soutien d'une super-majorité qualifiée d'États membres (65% de la population européenne et 72% du nombre d'États membres, soit 21 pays) et d'une majorité absolue d'eurodéputés (376 députés).
« Nous sommes parfaitement conscients qu'il faut une majorité absolue au Parlement européen. Mais le PE n'a pas avancé de noms », a noté une source de l'Élysée, réitérant la position française favorable à la parité homme/femme dans la répartition des postes. Il faut absolument trouver une solution ensemble avec le Parlement, a estimé Mme Merkel.
Tant la chancelière que le président français, Emmanuel Macron, ont constaté qu'il n'y avait pas de majorité au Conseil européen sur les candidats têtes de liste ('Spitzenkandidaten'), tels que l'Allemand Manfred Weber, le Néerlandais Frans Timmermans, voire la Danoise Margrethe Vestager.
Agenda stratégique. À vingt-sept, les dirigeants européens ont adopté leur agenda stratégique qui devra orienter les travaux des institutions européennes pour le prochain cycle institutionnel.
Comme anticipé par EUROPE (EUROPE 12271/2, 12275/8), cet agenda prévoit trois axes de travail: la protection des citoyens et des libertés, un tissu économique dynamique, une Europe neutre d'un point de vue climatique et socialement juste, la défense des intérêts et des valeurs de l'Europe sur la scène internationale.
En lien avec les conclusions adoptées jeudi, la question climatique a été débattue jusqu'à la dernière minute. Au final, les Vingt-sept estiment que « l'UE peut et doit montrer la voie, en s'engageant en faveur d'une transformation en profondeur de leur propre économie et société en vue d'atteindre la neutralité climatique ». « Cela devra être fait d'une façon qui tienne compte des circonstances nationales et soit juste d'un point de vue social », ajoutent-ils.
Aucune référence n'est toutefois faite dans l'agenda stratégique à la date de 2050 pour que l'UE parvienne à la neutralité climatique, un objectif désormais soutenu par vingt-quatre États membres (EUROPE 12279/2).
Pour tenter de peser dans le choix de la personnalité qui présidera la Commission européenne, le Parlement européen élabore de son côté ses propres priorités stratégiques pour les cinq à venir. Ces travaux, qui auraient dû être finalisés pour le sommet, ne le seront pas avant mardi 25 juin, selon une source parlementaire.
Voir l'agenda stratégique des Vingt-sept: http://bit.ly/31LjdKN (Mathieu Bion avec la rédaction)