Le Conseil européen a demandé, jeudi 20 juin, dans ses conclusions, à l’invitation du Conseil (EUROPE 12277/7), à la Commission et au Service européen pour l’action extérieure de présenter « sans délai » des options en vue de mesures appropriées « y compris des mesures ciblées », en réponse aux activités illégales de forage de la Turquie en Méditerranée orientale.
Devant la presse, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a prévenu qu’il ne s’agirait pas de « mesures douces (soft measures) », ajoutant que les actions de la Turquie étaient « totalement inacceptables ». Si les dirigeants reprennent en substance les remarques de leurs ministres du 18 juin, les conclusions qu’ils ont adoptées sont plus fermes.
Dans ces conclusions, le Conseil européen avertit que « l'UE continuera de suivre de près l'évolution de la situation et se tient prête à réagir de manière appropriée et en totale solidarité avec Chypre » et que lui-même resterait saisi de la question et y reviendrait en conséquence.
Les dirigeants invitent Ankara à faire preuve de retenue, à respecter les droits souverains de Chypre et à s’abstenir de toute action illégale, soulignant les « graves répercussions négatives immédiates que ces actions illégales ont sur l'ensemble des relations UE-Turquie ». La Turquie n’a pas encore répondu aux appels répétés lancés par l'UE pour que cessent ces activités illégales de forage, déplorent-ils.
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, retrouvera plusieurs dirigeants européens lors du G20 à Osaka les 28 et 29 juin prochains.
Élargissement. Comme à leur habitude, les chefs d’État et de gouvernement ont également repris à leur compte les conclusions de leurs ministres du 18 juin sur le processus d’association et de stabilisation (EUROPE 12277/6).
Prolongation des sanctions contre la Russie
Le Conseil européen a aussi approuvé la prolongation, pour six mois, des sanctions économiques à l’encontre de la Russie, « en raison de la non-mise en œuvre des accords de Minsk », a annoncé le président du Conseil européen, Donald Tusk, à la presse.
Dans leurs conclusions, les dirigeants soulignent également leurs préoccupations concernant le décret présidentiel du 24 avril permettant la délivrance simplifiée des passeports dans certaines zones de Donetsk et Louhansk, « ce qui va à l'encontre de l'esprit et des objectifs des accords de Minsk ». Le Conseil européen se dit donc prêt à examiner d’autres options, « y compris la non-reconnaissance des passeports russes délivrés en contradiction des accords de Minsk, en étroite coordination avec ses partenaires internationaux ». Selon une source européenne, une telle mesure serait techniquement difficile à mettre en place.
Par ailleurs, alors que le 17 juillet 2019 marquera le 5e anniversaire du crash du vol MH17, le Conseil européen se félicite de l'annonce de l'équipe commune d'enquête, le 19 juin, selon laquelle des accusations criminelles seront portées aux Pays-Bas contre quatre individus, appelant de nouveau la Russie à coopérer pleinement à l'enquête.
Moldavie. Les dirigeants ont également tenu à saluer la « passation de pouvoir pacifique » en Moldavie, invitant la Commission et la Haute Représentante à œuvrer à un ensemble de mesures concrètes visant à soutenir le pays sur la base d'une mise en œuvre durable par celui-ci des réformes au titre de l'accord d'association/accord de libre-échange approfondi et complet.
Voir les conclusions : https://bit.ly/2XnGpPV (Camille-Cerise Gessant avec la rédaction)