Le Conseil européen va revenir, jeudi ou vendredi, sur la question de l’ouverture des négociations d’adhésion à l'UE de la Macédoine du Nord et de l’Albanie, à la suite de l’incapacité du Conseil des Affaires générales (CAG) de s’accorder sur une position, mardi 15 octobre (EUROPE 12349/1).
À la demande de la Présidence finlandaise du Conseil de l’UE, le président du Conseil européen, Donald Tusk – qui a rencontré les Premiers ministres macédonien et albanais mercredi 16 octobre - a décidé d’ajouter le point à l’ordre du jour.
Selon une source diplomatique, le sujet est « extrêmement délicat ». « Si le Conseil européen se contente de faire la même chose que le Conseil 'Affaires générales', qui n’a pas réussi à s’entendre, le signal envoyé serait extrêmement mauvais », a-t-elle prévenu, ajoutant attendre de nouveaux développements après la réunion, le 16, du président français et de la chancelière allemande.
Depuis Bruxelles, le Premier ministre macédonien, Zoran Zaev, a mis la pression sur les dirigeants européens. « N’éteignez pas les étoiles brillantes que nous sommes venus chercher. Ne soyez pas nos obstacles, je vous invite a être nos héros », a-t-il lancé à destination des Vingt-huit. Il a prévenu que tout report de la décision serait compris comme une décision négative, avec des effets négatifs.
De son côté, le commissaire aux Négociations d’élargissement, Johannes Hahn, toujours aussi remonté que la veille, a appelé les dirigeants à évaluer la situation « dans un contexte plus large » et à donner un « signal clair d’engagement à une perspective européenne » pour la Macédoine du Nord, mais aussi pour l’Albanie. Il a dit toujours croire en un résultat positif.
Cependant, une source diplomatique a précisé qu’il ne fallait pas s’attendre à une décision au niveau des dirigeants, « mais (à) des indications » de leur part, sur les suites à donner.
Les discussions risquent d’être tendues. « La frustration est réelle, nous avons un problème d’unité », a reconnu un diplomate européen. Désaccord sur les progrès accomplis par les deux pays, nécessité de stabiliser la région des Balkans occidentaux versus 'fatigue de l’élargissement', les divisions sont nombreuses.
Si une majorité d'États membres est en faveur de l’ouverture des négociations avec les deux pays, la France, qui se dit soutenue par les Pays-Bas, ne veut en ouvrir avec aucun. Entre les deux, certains États membres seraient favorables à l’ouverture avec Skopje, mais pas avec Tirana, mais d'autres seraient opposés à tout découplage. « Ce fameux découplage, la Présidence (finlandaise) a essayé (lors du CAG) sans que cela ne paraisse intéresser grand monde », a précisé une source. Et d’ajouter : « Découpler pourrait provoquer des remous dans la région, mais c’est vrai que ce serait dans la logique du mérite propre ».
Dans des communiqués, les groupes S&D et Verts/ALE au Parlement ont appelé les dirigeants européens à ouvrir les négociations d’adhésion avec les deux pays. (Camille-Cerise Gessant avec la rédaction)