Dans un communiqué commun, le Conseil de l'Europe, l'OSCE et les Nations Unies ont appelé, mercredi 16 octobre, les autorités maltaises à poursuivre « de manière efficace, indépendante et impartiale » l'enquête publique (EUROPE 12333/17) sur l'attentat qui a coûté la vie à la journaliste Daphne Caruana Galizia (EUROPE 11885/2).
Deux ans après ce meurtre, trois hommes ont été arrêtés, mais leur procès n'a pas encore eu lieu et rien ne permet d'identifier leurs commanditaires, déplorent Dunja Mijatović, commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Harlem Désir, représentant de l'OSCE pour la liberté des médias, David Kaye, rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à la liberté d'opinion et d'expression et Agnès Callamard, rapporteur spécial des Nations Unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires.
« Le gouvernement de Malte doit une réponse à Daphne, à sa famille, à la société maltaise et aux journalistes du monde entier », concluent-ils.
La société civile s’est aussi mobilisée pour lui rendre hommage. Dans une déclaration, 12 organisations, dont Reporters sans frontières, Transparency International, et le European Centre for Press and Media Freedom (ECPMF), ont exhorté les autorités maltaises à « faire en sorte que ce soit le tout dernier anniversaire sans que justice soit faite pour Daphne Caruana Galizia ».
Dans un communiqué, le gouvernement maltais a réaffirmé son engagement à « rendre justice » dans cette affaire et a assuré que l’enquête en cours serait « indépendante ». « Le gouvernement a pleinement confiance dans le travail en cours des enquêteurs et du magistrat instructeur indépendant », ont déclaré les autorités maltaises.
Le même jour, à Bruxelles, un rassemblement a été organisé en sa mémoire. (Véronique Leblanc et Marion Fontana)