La perspective d’atteindre un accord avec le gouvernement de Boris Johnson sur une sortie ordonnée du Royaume-Uni de l’Union européenne restait possible et même proche, selon plusieurs sources, mercredi 16 octobre, à l’heure à laquelle nous mettions sous presse.
Depuis Paris, le président français, Emmanuel Macron, a même considéré qu'un accord politique pourrait être signé dès jeudi, selon Reuters.
Après plusieurs jours de travaux intenses, les deux parties étaient parvenues à avancer sur les questions du régime des douanes en Irlande du Nord, du consentement de l’Irlande du Nord pour le filet de sécurité ('backstop') qui serait maintenu, quoique sous une forme plus souple. Les discussions portaient encore sur les questions de TVA. Selon les médias irlandais, tout le reste aurait été réglé, y compris la question des règles du jeu équitables (‘level playing field’) dans la relation commerciale post-Brexit entre l'UE et le Royaume-Uni.
Le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, devait informer les vingt-sept ambassadeurs nationaux auprès de l’UE, mercredi en fin de journée. Des rumeurs faisaient état d’une possible arrivée à Bruxelles, mercredi soir, du Premier ministre britannique pour finaliser un éventuel accord.
À Londres, le gouvernement britannique a aussi demandé au Parlement de siéger samedi 19 octobre, en vue de voter en faveur d'un possible accord. Cette séquence permettrait à M. Johnson de ne pas demander une nouvelle extension des délais de négociation aux Vingt-sept, la Chambre des communes ayant en effet obligé le Premier ministre britannique à demander, passé le 19 octobre, un délai supplémentaire pour éviter tout scénario de Brexit sans accord.
Dans la journée, des sources diplomatiques nationales avaient mis sur la table plusieurs options : - un accord complet d'ici au sommet européen ; - un accord politique partiel nécessitant un autre sommet européen extraordinaire et une extension 'technique' ; - un blocage.
La difficulté principale « consiste à rendre compatible deux choses a priori antinomiques. L’Irlande du Nord devrait pouvoir souscrire toutes les obligations du marché intérieur et de l’union douanière et continuer à rester une partie du territoire du Royaume-Uni », expliquait dans la journée une source nationale. Selon elle, les Vingt-sept désirent « un accord le plus complet possible (jeudi et vendredi) pour éviter un second Conseil européen ».
Pour d’autres États membres, outre le fait de s’assurer que les contrôles douaniers entre le Royaume-Uni et l'Irlande du Nord soient correctement effectués pour éviter la fraude, le point de vigilance portait sur les conditions d'assouplissement des règles du jeu équitables négociées avec le précédent gouvernement de Theresa May. Ce point était particulièrement mis en avant par la France et par les Pays-Bas. (Solenn Paulic avec la rédaction)