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Bulletin Quotidien Europe N° 12262
INSTITUTIONNEL / Roumanie

Une journée électorale à double enjeu pour la coalition gouvernementale

Pour la Roumanie, un scrutin européen pas comme les autres se tiendra dimanche 26 mai. Le même jour, les Roumains enverront aussi à l'Union européenne un message sur le respect de l'État de droit dans leur pays. Lors d'un référendum convoqué en avril par le président Klaus Iohannis, ils seront en effet invités à se prononcer sur les récentes réformes controversées en matière de justice introduites par le gouvernement social-démocrate (EUROPE 12243/11). 

Ces réformes sont particulièrement critiquées parce qu’elles remettent en question la lutte contre la corruption dans le pays. Et elles ont conduit la Commission à réfléchir sérieusement ces derniers jours à l’ouverture prochaine contre Bucarest du mécanisme européen sur le respect de l’État de droit, pouvant conduire à déclencher le fameux article 7 (EUROPE 12253/15). 

Les récents sondages pour le scrutin européen donnaient encore en tête le 23 mai le Parti national libéral (PNL) de Ludovic Orban affilié au groupe PPE (crédité de 28,5 % des intentions de vote), suivi par le Parti social-démocrate (PSD) au pouvoir de la Première ministre, Viorica Dancila, dont les intentions de vote n’ont cessé de baisser, selon les médias roumains. 

En troisième position viendrait la formation Alianța 2020 USR+PLUS de l’ancien commissaire Dacian Cioloș, qui serait actuellement soutenue par le groupe ADLE de Guy Verhofstadt et le futur groupe formé avec La République en Marche française, suivie du groupe ALDE du président du Sénat, Călin Popescu-Tăriceanu, et de la formation de l’ancien Premier ministre, Victor Ponta (Parti pour la Roumanie).

Le groupe ADLE au Parlement européen a coupé ses liens avec l’ALDE du président du Sénat roumain en raison de son soutien à la coalition menée par le PSD et chercherait plutôt à soutenir l'ancien commissaire à l'Agriculture, selon plusieurs médias. Le Parti du mouvement populaire de l’ancien président Traian Băsescu arriverait après ces formations, en 6position. 

Selon EuropeElects, le PPE gagnerait au total 12 sièges, le S&D 9 sièges et l’ADLE 11 sièges, même si le sondage ne dit pas s’il prend encore en compte l’ALDE roumain ou la nouvelle formation de Dacian Cioloș. Le pays doit au total envoyer 32 députés. 

Des changements politiques internes ?

Mais plus que cette élection européenne, c’est le résultat du référendum présidentiel qui sera observé. Klaus Iohannis a en effet indiqué, dans une allocution en milieu de semaine, qu’il faudrait tirer des conséquences politiques des réponses qui seront données à cette consultation référendaire. 

Pour rappel, le président, membre du PPE, veut interroger les électeurs sur des mesures très controversées adoptées par le gouvernement social-démocrate, allié aux libéraux, amendant, entre autres, le Code pénal pour réduire les poursuites contre les crimes de corruption. L’autre question posée aux électeurs roumains porte sur la façon du gouvernement actuel de procéder par des décrets d’urgence pour faire passer des changements majeurs du système judiciaire. 

Le président Iohannis, le 22 mai, s’est dit « convaincu que les résultats pour le PE et ceux du référendum génèreront des changements dans l’arène politique », selon Romania Insider. Il s’est aussi dit prêt à nommer un autre Premier ministre, si Mme Dancila devait dans la foulée perdre le soutien de son parti. 

Le président du Sénat a, en tout cas, appelé les électeurs à boycotter ce référendum, qu’il considère être un instrument pour le président du pays pour attirer davantage d’électeurs vers les urnes et favoriser le PNL de Ludovic Orban. (Solenn Paulic)

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