Les déclarations du président américain, Donald Trump, selon lesquelles Huawei pourrait faire partie d'un accord commercial entre les États-Unis et la Chine ont été accueillies positivement par le fabricant chinois. L'équipementier chinois espère vivement qu'une solution sera trouvée avant le 19 août, date à laquelle l'application des mesures américaines dans leur entièreté commencera.
En pleine guerre commerciale sino-américaine, l'administration Trump a placé Huawei sur une liste de sociétés suspectes auxquelles il est interdit de vendre des équipements technologiques de crainte que Pékin ne s'en serve à des fins d'espionnage. L'équipementier chinois bénéficie toutefois d'une dérogation temporaire qui lui permet de conserver ses réseaux existants et de fournir des mises à jour logicielles de ses téléphones jusqu'au 19 août.
Le fabricant chinois espère donc qu'une solution sera trouvée dans le cadre de ce délai. Selon le porte-parole du groupe chinois à Bruxelles, deux scénarios se profilent : soit un accord est trouvé dans le cadre des négociations commerciales, soit les conséquences seront beaucoup plus profondes.
« La vie sera plus compliquée pour Huawei, mais également pour tout un chacun dans le monde », a déclaré Jakub Hera-Adamowicz, vendredi 24 mai. Et de poursuivre : « Les coûts d'une destruction de toute la chaîne d'approvisionnement seront tellement élevés que nous pouvons espérer que la situation se débloque. »
Malgré cet apparent optimisme, la liste noire américaine a provoqué une série de conséquences en chaîne, la plus importante étant la décision de Google de ne plus faire affaire avec Huawei, lui coupant ainsi l'accès à son système d'exploitation Android. L'entreprise travaille depuis plusieurs mois à développer son propre système d'exploitation, mais celui-ci ne devrait pas être disponible en Europe avant le deuxième trimestre 2020.
En Europe, les opérateurs EE et Vodafone ont exclu les smartphones Huawei compatibles 5G de leurs précommandes en amont du lancement, dans les semaines à venir, de leurs réseaux respectifs au Royaume-Uni.
Après avoir notamment déjà investi en Suède, en Allemagne et en Italie, Huawei a annoncé, lors de la conférence VivTech qui se déroulait à Paris du 16 au 18 mai, qu'il investirait 35 millions d'euros dans son OpenLab de Paris, sans que cette enveloppe soit directement liée à l'interdiction américaine. (Sophie Petitjean)