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Bulletin Quotidien Europe N° 12262
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The B-word : la newsletter d’Agence Europe sur le Brexit / The b-word

La fin du début

Theresa May a démissionné de son poste de Premier ministre, et cette démarche pourrait bien compliquer et ralentir le Brexit (EUROPE 12262/1). 

Même si un nouveau Premier ministre prenait ses fonctions avant la fin juillet, comme le prédit le parti conservateur, le gouvernement ne disposerait que de quelques semaines pour faire adopter un nouvel accord sur le Brexit ou demander une nouvelle prolongation à l’UE. 

Boris Johnson, le candidat pressenti pour succéder à Mme May, a qualifié sa déclaration de « digne » en soulignant qu’il était désormais temps de « se rassembler et mettre en œuvre le Brexit ». Il a également déclaré vendredi que le Royaume-Uni quitterait l’UE avant la date limite fixée au 31 octobre, avec ou sans accord. « Pour obtenir un bon accord, il faut se préparer à une sortie sans accord », a-t-il ajouté lors d’une conférence organisée en Suisse. 

Les députés n’ont aucun moyen juridique d’empêcher ces événements, tout au plus peuvent-ils exercer une pression politique sur le nouveau Premier ministre. Une alternative à Boris Johnson, comme le ministre de l’Environnement, Michael Gove, pourrait être plus sensible à leurs appels. Le ministre des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, l’ancien ministre en charge du Brexit, Dominic Raab, et le député Graham Brady (qui vient de démissionner de la présidence de l’influent « comité 1922 » d’arrière-ban) ont tous annoncé ou laissé entendre qu’ils se portaient candidats à la succession. 

La décision de Mme May et, a fortiori, la course à la tête de l’exécutif qui se déroulera sur plusieurs semaines (le vote aura lieu en juin et un nouveau dirigeant sera désigné avant la mi-juillet) ne sont pas très bien accueillies au sein de l’UE. 

Mairead McGuinness, vice-présidente du Parlement européen, a déclaré qu’il n’y avait que « peu de signes ou d’espoir de voir émerger le compromis nécessaire ». « Mettre en œuvre le Brexit est plus facile à dire qu’à faire, en raison des visions extrêmement contradictoires au Royaume-Uni, et des concessions inévitables entre des objectifs divergents », a-t-elle ajouté dans une déclaration vendredi. Le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, a déclaré à Dublin que nous pourrions entrer dans « une phase qui pourrait être très dangereuse pour l’Irlande ». Selon le président français, Emmanuel Macron, il est trop tôt pour spéculer sur l’impact de cette démission sur le processus du Brexit

La nuit avant la démission surprise de Mme May, les bureaux de vote britanniques ont fermé après les élections européennes organisées dans le pays et qui voient 73 députés européens désormais susceptibles de siéger à Bruxelles lorsque le Parlement européen reprendra ses travaux pour la première fois en juillet. Les sondages prévoient une large victoire du Brexit Party de Nigel Farage et des libéraux démocrates favorables au maintien, alors que le parti d’opposition travailliste se classe troisième dans certains cas, bien devant les conservateurs au pouvoir, qui arrivent derniers (EUROPE 12252/14). Les résultats ne seront annoncés que tard dimanche, après que tous les pays de l’UE auront voté. 

Le dirigeant des travaillistes, Jeremy Corbyn, a profité de la démission de Mme May pour demander de nouvelles élections législatives, mais il n’est pas encore établi si son parti réalisera un score suffisant dans un prochain vote pour le garantir. Et l’impact des résultats électoraux sur un second référendum est très flou, alors que M. Corbyn se montre toujours approximatif sur le sujet et que les députés restent divisés sur la question. 

Ce qui est certain, c’est que l’UE refuse toujours de rouvrir le texte de l’accord de retrait (bien que Mme May et son adjoint, Olly Robbins, se soient entretenus avec des responsables de l’UE au sujet de certains ajustements à apporter à la déclaration politique). Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, a insisté vendredi sur le fait que le même accord « pour un Brexit ordonné reste sur la table »(Version originale anglaise par Sarah Collins)

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