Plus de 40 ONG ont écrit à la Commission européenne, jeudi 23 mai, pour lui demander de s’abstenir d’autoriser dans l’UE de nouveaux OGM controversés et de poser dès à présent les jalons d’une politique future en matière d’OGM qui donne la priorité à la protection de la santé publique et de l’environnement.
Ces ONG redoutent qu'avant de passer le relais à la prochaine Commission, l’institution autorise une douzaine d’OGM qui ont fait l’objet d’un avis favorable de l’EFSA alors même que tous les effets potentiellement nocifs pour l’environnement n’ont pas été dûment évalués.
Dans ce courrier, ces organisations actives dans le domaine de la science, de la protection de l’environnement, du contrôle des lobbies ou encore des syndicats agricoles demandent en outre à la Commission de « se préparer à établir des normes plus élevées pour l’évaluation des risques et à réorganiser la responsabilité pour la protection de la santé et de l’environnement dans la nouvelle Commission pour garantir que priorité soit donnée à la santé et l’environnement dans la politique de l’UE en matière d’OGM ».
Figurent parmi les signataires : TestBiotech, Corporate Europe Observatory (CEO), AbL, BUND, Friends of the Earth Europe (FOEE), European Network of Scientists for Social and Environmental Responsibility (ENSSER), GeN, Slow Food Allemagne.
Sur les douze demandes d'autorisation qui pourraient être approuvées prochainement, les ONG motivent leurs craintes en soulignant que : - trois concernent du maïs produisant des toxines insecticides destiné à la culture – dont le MON 810 de Bayer-Monsanto déjà cultivé en Espagne et en attente de réautorisation. Or, soulignent-elles, il existe un risque de dissémination incontrôlée à partir de ces plantes : une espèce sauvage apparentée au maïs (téosinte) prolifère en Espagne depuis plusieurs années. - parmi ces plantes, beaucoup sont des OGM hybrides (dont différentes variétés de maïs produisant jusqu’à six toxines insecticides) qui ont été génétiquement modifiés pour résister à plusieurs herbicides. - l'un des maïs destinés à l'importation présente des risques supplémentaires : le MON 87411 qui produit un ARN dit 'double brin' (ARNdb), dont l'innocuité pour l'homme et l'environnement ne peut être démontrée. (Aminata Niang)