Le système européen d'alerte rapide sur la désinformation organise sa réunion de lancement lundi 18 mars; en vue de participer activement au débat public sur les questions européennes lors de la campagne électorale de mai.
Annoncée lors de son plan de lutte contre les fake news de décembre 2018 (EUROPE 12153/8), cette initiative vise à mettre en réseau les États membres et les institutions européennes et de coordonner leur action en réponse à un phénomène qui prospère grâce aux nouvelles technologies de communication.
Via ce mécanisme, les États membres seront en mesure d'alerter leurs homologues sur des cas concrets de campagnes de désinformation, d'échanger sur les tendances observées, de fournir des données vérifiées et analysées au monde académique et à la société civile, de préparer une réponse coordonnée, par le biais, par exemple, des campagnes d'information à destination du grand public.
Lundi 11 mars, la commissaire européenne à la Justice, Věra Jourová, avait également exhorté les partis politiques nationaux et leurs fondations à prendre les mesures nécessaires afin que les citoyens de l'UE soient en mesure d'identifier clairement les campagnes de marketing politique qu'ils mettront en œuvre lors de la campagne des élections européennes. Les dépenses qu'ils y consacrent et les critères utilisés pour cibler les destinataires de leur message politique devront aussi apparaître visiblement.
Notre travail d'analyse des lois électorales dans les États membres révèle que ces lois régissent principalement « un environnement physique », a estimé une source européenne. D'après elle, environ la moitié des États membres ont mis en place des règles de transparence en matière de publicité du message politique, quelques-uns ont des règles encadrant le financement étranger. De même pour les délais d'interruption de campagne avant la tenue des élections, variables d'un pays à l'autre.
Les mesures préconisées par Mme Jourová figurent dans une recommandation spécifique sur la désinformation en ligne que la Commission européenne a adressée en septembre 2018 à l'occasion du discours sur l'état de l'Union de son président, Jean-Claude Juncker (EUROPE 12094/6).
La commissaire invite aussi les États membres à prévoir des sanctions aux partis politiques nationaux et à leurs fondations qui enfreindraient les règles de protection des données personnelles pour influencer les résultats des élections, à l'instar de la mesure législative visant les partis politiques européens et leurs fondations (EUROPE 12173/15). (Mathieu Bion)