Les ONG environnementales ont salué, jeudi 14 mars, le vote du Parlement européen sur l’action climatique de l’UE, qui appelle celle-ci à viser zéro émission nette d’ici à 2050 au plus tard et à relever son objectif d'atténuation pour 2030 à 55 % (EUROPE 12214/13).
Jugeant ce vote bienvenu à la veille de la journée mondiale de grève scolaire et des jeunes pour le climat, organisée ce vendredi 15 mars dans une centaine de pays, elles estiment que les gouvernements des États membres devraient écouter le PE.
« Désormais, seuls les gouvernements nationaux empêchent l'UE d'accroître son action. Les protestations dans toute l'Europe montrent que les citoyens attendent des décideurs politiques qu'ils s'attaquent au changement climatique. Le Parlement a reçu le message. À l'approche d'élections européennes et nationales, les gouvernements seraient fous d'ignorer cette vague de fond », a estimé Sebastian Mang du bureau européen de Greenpeace.
« Les députés européens ont montré qu’ils prennent au sérieux les préoccupations des citoyens. Leur soutien à zéro émission nette dans l’UE en 2050 au plus tard et davantage de réductions d’émissions d’ici à 2030 est un signal encourageant envoyé aux États membres », a déclaré Imke Lübbeke du bureau européen du WWF – ONG qui préconise 65 % de réduction en 2030 et zéro émission nette d’ici à 2040 pour être en ligne avec l'objectif de température de 1,5° de l’Accord de Paris.
Ces ONG pourraient toutefois être déçues, à en juger par le projet de Conclusions du Conseil européen, qui doit, vendredi 22 mars, indiquer la direction politique et les priorités pour la stratégie climatique de long terme que devra déposer l'UE à l'ONU d’ici à janvier 2020, comme toutes les parties à l’Accord de Paris sur le climat (EUROPE 12207/3, 12201/11).
Le Conseil européen voudra combiner neutralité climatique et compétitivité de l'industrie. Ce projet met surtout l’accent sur la nécessité de combiner neutralité climatique et compétitivité de l’industrie européenne et de garantir une transition juste vers une économie européenne neutre pour le climat.
Le Conseil européen réitérera, bien sûr, son engagement envers l’Accord de Paris et reconnaîtra la nécessité d’intensifier les efforts mondiaux pour s’attaquer au changement climatique à la lumière des dernières données scientifiques, en particulier le rapport spécial du GIEC sur les impacts d’un réchauffement mondial moyen de 1,5 degré Celsius.
Il soulignera l’importance que l’UE soumette une stratégie de long terme ambitieuse d’ici à 2020 pour viser la neutralité climatique, conformément à l’Accord de Paris, en se préoccupant de la compétitivité de l’industrie européenne. Il devrait aussi appeler à la finalisation dans les temps des stratégies nationales de long terme.
Le Conseil de l'UE devrait être invité à intensifier ses travaux sur la stratégie de long terme avant que les dirigeants européens n'en débattent de nouveau plus tard dans l'année.
Le projet de conclusions insiste sur les opportunités significatives offertes par l'Accord de Paris et son potentiel pour la croissance économique, de nouveaux emplois et le développement technologique et pour renforcer la compétitivité européenne - opportunités à saisir tout en garantissant une transition juste et socialement équilibrée pour tous.
Le texte pourrait encore évoluer d'ici au 22 mars, mais à la marge. Il est clair que, si plusieurs pays comme l'Espagne, le Danemark, la Suède, le Luxembourg, la France et les Pays-Bas sont favorables à un relèvement de l'ambition de l'UE, d'autres, comme l'Allemagne, la Pologne, la Roumanie, la République tchèque et la Bulgarie, y sont opposés. (Aminata Niang)