La guerre qui oppose actuellement les États-Unis à Huawei ne semble pas avoir gagné l’Europe. Après avoir rencontré la Commission européenne le 4 mars, l’équipementier chinois inaugurait le lendemain son centre de cybersécurité destiné à permettre l’« interaction » entre les différents acteurs (entre Huawei et les autorités belges et européennes ainsi que les opérateurs de télécommunications).
Ce centre, le troisième du genre, est situé à quelques encablures des institutions européennes. Il est ouvert aux clients et aux organisations de test tierces indépendantes. La veille, le vice-président de la Commission européenne, Andrus Ansip, et le président-directeur général de Huawei, M. Ken Hu, ont discuté de questions liées à la cybersécurité, à la 5G et au marché unique numérique. Le vice-président Ansip a profité de l’occasion pour rappeler à Huawei que le marché européen est un marché ouvert basé sur des règles et destiné à tous les acteurs qui respectent les règles de l'UE. Il a toutefois appelé à une certaine réciprocité dans l'ouverture des marchés respectifs. De son côté, Huawei a communiqué après l’événement en rappelant qu’il se tenait prêt à collaborer avec l’UE et qu’il plaçait la cybersécurité et la protection de la confidentialité des utilisateurs en tête de ses priorités. Et de souligner que l'approche de Huawei en matière de cybersécurité est « Security or Nothing ».
Outre-Atlantique, le climat est nettement plus tendu : d’après le Financial Times, Huawei serait sur le point d'intenter un procès au gouvernement américain au motif que les États-Unis interdisent à leurs agences publiques d'acheter de l'équipement Huawei. (Sophie Petitjean)