L’ambassadeur ukrainien auprès de l’Union européenne, Mykola Tochytskyi, a appelé la communauté internationale, y compris l'UE, à étendre la fourniture à l’Ukraine de biens militaires et d’armes défensives, afin de répondre aux menaces russes, lors d’une conférence sur les cinq ans d’occupation russe de la Crimée, organisée mardi 5 mars au Parlement européen.
Selon l’ambassadeur, une telle action permettrait de répondre en partie aux attentes de l’Ukraine en matière de sécurité. Dans ce but, il a aussi appelé à étendre la présence militaire dans la région de la mer Noire, avec des entrées plus fréquentes de navires de guerre de l'OTAN dans les ports maritimes ukrainiens.
« Ce n’est que par une pression consolidée, significative et permanente de la communauté internationale sur Moscou que nous pourrons forcer la Russie à mettre fin à la répression brutale et constante des droits de l’homme en Crimée et aux persécutions […] de tous ceux qui n’acceptent pas cette annexion illégale », a-t-il notamment déclaré.
Abordant ainsi la situation des droits de l'homme en Crimée, l'ambassadeur a également présenté les attentes ukrainiennes dans ce domaine. Selon lui, l'Ukraine souhaite, entre autres, que la communauté internationale demande à la Russie d’assurer un accès sans entrave à la surveillance internationale permanente de la situation des droits de l’homme en Crimée et qu'elle maintienne une pression quotidienne généralisée sur la Russie afin d’obtenir la libération de plus de 70 prisonniers politiques ukrainiens et des 24 marins ukrainiens. Enfin, M. Tochytskyi a demandé l'introduction d'un mécanisme à l’échelle de l’UE pour sanctionner les personnes coupables de violation des droits de l’homme dans le monde, tel qu’un Magnitsky Act européen (EUROPE 12183), avec une attention particulière envers les organisateurs et les auteurs de telles violations en Crimée.
M. Tochytskyi a en outre appelé à sanctionner les ports russes situés sur la mer d'Azov, les navires russes entrant dans les ports de Crimée ainsi que les entreprises russes qui exploitent le « pont illégal » (construit pour relier la Russie à la Crimée) dans le détroit de Kertch.
Pour finir, l'ambassadeur a également plaidé pour l’établissement d’une plate-forme internationale permanente visant au retour de la Crimée sous souveraineté ukrainienne et d’un vaste programme de soutien économique et social de la région d’Azov et de la mer Noire de l’Ukraine - une demande déjà prise en compte par l’UE qui a récemment annoncé des mesures (EUROPE 12196). (Damien Genicot - stage)