Les ministres européens de l'Environnement ont exprimé, lors de leur réunion à Bruxelles, mardi 5 mars, leur inquiétude face aux risques que font peser les perturbateurs endocriniens sur la santé humaine et sur l'environnement. Ils ont exhorté la Commission à présenter des mesures fortes en faveur d'une approche harmonisée.
« Il y a de fortes inquiétudes du côté des citoyens européens, inquiétudes qui me semblent justifiées, au vu des études les plus récentes », a déclaré la ministre roumaine de l'Environnement, Graţiela Leocadia Gavrilescu, à l'ouverture des discussions. Le Danemark a même été plus loin en indiquant que le plan d'action de la Commission européenne était « décevant ». Les ministres ont ainsi appelé à trois initiatives concrètes : (1) revoir les ensembles de données pour mieux identifier les perturbateurs endocriniens ; (2) mettre en place une liste européenne dynamique, qui couvre aussi les substances qui sont potentiellement des perturbateurs endocriniens ; (3) interdire la présence de ces perturbateurs dans les cosmétiques, les jouets et les assemblages destinés aux consommateurs.
Face à ces demandes, la Commission européenne a mis en avant les mesures de son plan d'action présenté le 7 novembre 2018 (EUROPE 12132). Elle a confirmé qu'elle allait « bientôt » lancer un examen de la législation transsectoriel qui devrait être bouclé en 2020, afin de vérifier que les différentes réglementations sont bien adaptées aux objectifs de lutte contre les pesticides.
Rappelons que l'Union européenne s'est dotée, le 10 novembre 2018, de nouveaux critères permettant d'identifier et, in fine, d'interdire les substances actives pouvant être qualifiées de perturbateurs endocriniens. Elle a également adopté à cet effet un règlement d'exécution de la Commission (règlement 2018/1659). « À ce stade, aucune substance active n'a été identifiée comme telle, mais nous avons renvoyé jusqu'à présent 5 mandats à l'Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA). La Commission a également pris plusieurs décisions de non-renouvellement des autorisations », a commenté la porte-parole de la Commission. (Sophie Petitjean)