Le commissaire à la Politique de voisinage et à l’Élargissement, Johannes Hahn, a souhaité obtenir, mercredi 21 novembre, des explications de Viktor Orbán au sujet des nouvelles attestant de l’octroi de l’asile politique en Hongrie à Nikola Gruevski, l’ex-Premier ministre de l’ancienne République yougoslave de Macédoine condamné pour corruption dans son pays.
C'est Nikola Gruevski lui-même qui a annoncé cette décision le 20 novembre. « Si c'est confirmé, j’attends une vraie explication sur ses fondements (de la décision) de la part de Viktor Orbán », a ajouté le commissaire.
La Hongrie aurait accepté cette demande d’asile au motif que la situation des prisons en ARYM ne mettrait pas M. Gruevski en sécurité. L’ARYM figure pourtant sur la liste hongroise des pays sûrs. Le commissaire a rappelé que l’État de droit est un principe fondamental pour les États membres et les pays candidats et il s’est étonné que la Hongrie puisse soutenir l’accession de l’ARYM alors qu'elle ne « la considère pas comme sûre ».
« Il est difficile d’exprimer la honte que je ressens », a réagi l’eurodéputé écologiste hongrois Benedek Jávor. Et d'ajouter : « Un ancien Premier ministre macédonien condamné à deux ans de prison pour cause de corruption, qui a mis sur écoute ses concitoyens, a obtenu l’asile dans mon pays alors que des enfants fuyant la guerre y sont automatiquement refoulés. »
L'eurodéputé a d'ailleurs écrit mercredi au commissaire européen aux Migrations, Dimitris Avramopoulos, pour lui demander de prendre position. (Solenn Paulic)