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Bulletin Quotidien Europe N° 12142
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Économie

Les États membres invités à renforcer l’investissement et à poursuivre l’assainissement des finances publiques en 2019

La Commission européenne a insisté, mercredi 21 novembre, lors du coup d'envoi de l'exercice 2019 du processus budgétaire du 'Semestre européen', sur la nécessité pour les États membres de renforcer la croissance 'inclusive' et durable au moyen d’investissements ciblés et d’une poursuite de l’assainissement des finances publiques. 

« La situation économique et budgétaire n’a jamais été aussi favorable depuis 2014. Paradoxalement, les risques restent marqués en Europe et au niveau global. » C’est par cet optimisme prudent que Pierre Moscovici, le commissaire aux Affaires économiques et financières, a souhaité commenter ce ‘paquet d’automne’ de la Commission, composé de plusieurs rapports et recommandations sur l’économie et la politique économique dans l’Union européenne. 

Ces documents font écho aux prévisions économiques du 8 novembre (EUROPE 12133), et à la présentation des projets de budgets nationaux pour 2019 par les États membres de la zone euro le 15 octobre. 

Pour que la croissance soit durable et inclusive, il convient notamment, pour l’institution, d’investir dans des secteurs clefs, de poursuivre les réformes structurelles et de maîtriser les dépenses publiques. 

La situation économique actuelle « ouvre une fenêtre d’opportunité qui ne sera pas toujours ouverte », a déclaré Valdis Dombrovskis, le vice-président de la Commission européenne, qui souhaite notamment pour ce faire que les États « réduisent leur dette, quand elle est élevée, et constituent des réserves budgétaires » pour faire face aux futurs chocs. Une référence à peine voilée à la situation budgétaire italienne. 

C’est dans ce sens que s’inscrivent l’Examen annuel de la croissance et le projet de recommandation de politique socio-économique au niveau de la zone euro pour 2019 que la Commission a soumis mercredi au Conseil. 

Le projet de recommandation pointe notamment le besoin d’approfondir l’Union économique et monétaire et de parachever l’Union bancaire. Les résultats des actuels travaux au sein de l’Eurogroupe en la matière seront présentés le 3 décembre (EUROPE 12140). 

Emploi. Le projet de rapport conjoint sur l’emploi, publié également dans le cadre de ce paquet d’automne, met en exergue la hausse de la création d’emploi et la baisse du chômage. 

« L’emploi n’a jamais été aussi élevé, et nous sommes sur la bonne voie pour atteindre l’objectif d'un taux d’emploi de 75 % en 2020 », a déclaré Marianne Thyssen, la commissaire à l’Emploi. 

Pour autant, le document pointe les différences d’employabilité en fonction de l’âge, de l’origine ou du sexe. Mme Thyssen souhaite ainsi que l’investissement soit aussi réalisé pour valoriser les « compétences » des citoyens. 

Projets de budget 2019. Les avis de la Commission quant aux projets de budget des dix-neuf pays de la zone euro pour 2019 étaient extrêmement attendus, en particulier concernant l’Italie (voir autre nouvelle). 

« Pour la première fois depuis la création de la monnaie unique, aucun pays de la zone n'aura un déficit supérieur à 3 % du PIB » en 2019, s'est félicité M. Dombrovskis. 

L'institution européenne considère néanmoins que 13 projets de budget sont conformes ou globalement conformes aux règles du Pacte de stabilité et de croissance. 

En revanche, pour la Belgique, la France, le Portugal et la Slovénie, il existe un risque de non-respect des règles du Pacte quant au niveau de réduction du déficit structurel (hors conjoncture économique). 

Le projet de budget espagnol présente également des risques de non-conformité avec ces règles, alors que Madrid doit sortir l’an prochain du bras correctif (déficit public supérieur à 3 % du PIB) pour intégrer le bras préventif du Pacte. 

On notera que la Commission a adopté son premier rapport sur la Grèce au titre du cadre de surveillance renforcée dont Athènes fait l’objet depuis sa sortie du troisième plan de sauvetage en août (EUROPE 12077). Elle relève notamment que le projet de budget grec est conforme aux engagements pris, à savoir maintenir l’excédent budgétaire primaire (hors services de la dette) au-delà de 3,5 % du PIB. 

« Ce rapport ouvre la voie, maintenant, à l’annulation des mesures, qui avaient été prélégiférées, de coupes supplémentaires dans les retraites, décidées il y a deux ans », a estimé M. Moscovici. Il reviendra à l'Eurogroupe de prendre une telle décision. 

Hors zone euro, M. Moscovici a en outre jugé la situation budgétaire de la Hongrie et de la Roumanie « tout à fait préoccupante ». La Commission a donc adressé une recommandation au Conseil, pour que celui-ci recommande à ces deux pays de corriger leur trajectoire budgétaire en vue de respecter leur objectif budgétaire à moyen terme. 

Déséquilibres macroéconomiques. Enfin, le rapport sur le mécanisme d’alerte pointe le fait que 13 États membres doivent faire l’objet d’un bilan approfondi pour 2019 quant aux déséquilibres macroéconomiques. 

Parmi ceux-ci, on retrouve les pays concernés par la procédure sur les déséquilibres macroéconomiques (EUROPE 11976), notamment l’Allemagne, la France et l’Italie. (Lucas Tripoteau)

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