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Bulletin Quotidien Europe N° 12133
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Économie

Malgré un certain nombre d’incertitudes, l’économie européenne poursuit sa croissance

Le PIB de la zone euro devrait croître de 2,1 %, 1,9 % et 1,7 % respectivement en 2018, 2019 et 2020, d'après les prévisions économiques d'automne de la Commission européenne présentées jeudi 8 novembre, qui s'inscrivent dans le cadre du processus budgétaire ' Semestre européen'.

Ce taux de croissance prévu pour 2018 marque ainsi un léger tassement par rapport à 2017, année où le taux de croissance du PIB avait atteint 2,4 % (EUROPE 12014). 

« Malgré le ralentissement économique actuel et un environnement international moins porteur, les fondamentaux restent solides et devraient permettre à l’activité économique de continuer à croître », a déclaré Pierre Moscovici, le commissaire chargé des Affaires économiques et financières. 

À l’échelle de l’Union européenne (UE27 hors Royaume-Uni), le taux de croissance devrait atteindre, selon ces prévisions, 2,0 % en 2019 et 1,9 % en 2020.

Ce taux de croissance global cache des situations disparates, avec une hausse prévue du PIB de 1,2 % l’an prochain en Italie, contre 4,5 % en Irlande et 4,1 % en Slovaquie. On notera que la Commission prévoit un taux de croissance pour la France de 1,6 % du PIB en 2019 et en 2020, contre 1,8 % et 1,7 % du PIB en Allemagne. 

La demande intérieure est aujourd’hui le facteur clef de cette croissance, qui bénéficie des bonnes nouvelles sur le front de l’emploi, de la hausse des salaires ou de mesures budgétaires de la part de certains États membres. L’investissement, également facteur de croissance, devrait croître en 2019 dans tous les États membres pour la première fois depuis l’année 2007. 

Risques. Les facteurs exogènes sont néanmoins moins favorables et l’économie européenne fait face à des risques extérieurs significatifs qui ont tendance à se confirmer, à savoir les politiques protectionnistes mondiales et leur impact sur le commerce international ainsi que la surchauffe de l’économie étatsunienne. 

Sur le plan interne, les incertitudes autour du projet de budget italien (voir autre nouvelle) et autour de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne pourraient avoir un impact sur l’économie européenne à l’avenir.

Emploi. M. Moscovici a souhaité insister sur les bonnes nouvelles sur le front économique, en soulignant que « l’amélioration continue » au volet ‘emploi’, avec un « nouveau record historique » sur ce point, l’institution prévoyant un taux de chômage de 6,6 % dans l’UE en 2020, soit le taux le plus bas depuis la publication des statistiques en janvier 2000.

Là aussi, les taux de chômage sont très hétérogènes entre les États membres de l’Union européenne. Ce taux pourrait effectivement atteindre 18,2 % et 14,4 % de la population active l’an prochain en Grèce et en Espagne, alors qu’il pourrait être de 2,5 % et de 2,9 % en République tchèque et en Pologne.

Inflation. Le taux d’inflation dans la zone euro devrait atteindre 1,8 % en 2018 et 2019 et 1,6 % en 2020. Ce, alors que ce taux a atteint 1,5 % en 2017.

Pour l’an prochain, la Lettonie devrait connaître la plus importante hausse des prix dans la zone euro, à hauteur de 1,7 %, alors que le taux d’inflation en Irlande et en Grèce devrait être de 1,2 %. 

Tant les prix du pétrole que la conjoncture économique ont contribué à stimuler le taux d’inflation cette année. 

Déficit public et dette. Si les taux de déficit nominal ont poursuivi leur baisse cette année, ce déclin devrait s’arrêter l’an prochain en raison de politiques budgétaires légèrement expansionnistes, avant une nouvelle baisse en 2020. Ainsi, le taux moyen de déficit public dans la zone euro devrait atteindre 0,8 % du PIB en 2019, contre 0,6 % du PIB cette année, et passer à 0,7 % du PIB en 2020. On notera que ce taux atteignait 6,2 % du PIB en 2009.

Le taux de déficit nominal pour l’Italie atteindrait, à politique inchangée, 2,9 % du PIB en 2019, alors le Luxembourg et Malte devraient connaître un excédent budgétaire nominal de 1,2 % du PIB. Le taux d’excédent budgétaire primaire grec (hors service de la dette) doit par ailleurs s’établir à 3,5 % du PIB, conformément aux termes de l’accord régissant la sortie d’Athènes du dernier plan d’assistance financière dont elle faisait l’objet jusqu’en août (EUROPE 12077). 

Au volet de la dette, le taux moyen d’endettement des pays de la zone euro devrait passer de 86,9 % du PIB cette année à 84,9 % et 82,8 % du PIB en 2019 et 2020. Là encore, des disparités notables sont à relever, entre le taux d’endettement prévu pour l’an prochain en Estonie (7,6 % du PIB) et celui de la Grèce (174,9 % du PIB) ou de l’Italie (131,0 % du PIB). 

Italie. La question italienne était sur toutes les lèvres, alors que l’Eurogroupe a demandé à Rome, lundi 5 novembre, de soumettre un nouveau projet de budget conforme aux règles du bras préventif du Pacte de stabilité et de croissance, après que le premier projet a été rejeté par la Commission le mois dernier (EUROPE 12130, 12123). 

Pour rappel, alors que l’Italie doit voir son déficit structurel (hors conjoncture économique) décroître de 0,6 % du PIB l’an prochain, le gouvernement de Giuseppe Conte a prévu un creusement de celui-ci de 0,8 % du PIB (EUROPE 12117). 

Dans ses prévisions, la Commission prévoit que le taux de croissance pour l’an prochain serait de 1,2 % du PIB et de 1,3 % du PIB en 2020. C’est 0,3 point de moins que ce qui est avancé par Rome. 

« Des écarts sont habituels entre la Commission et les États membres. Il ne s’agit pas d’une situation exceptionnelle », a tenu à dédramatiser M. Moscovici. 

Cet écart s’explique notamment, d’après lui, par des prévisions plus prudentes de l’institution, eu égard à la consommation intérieure et aux investissements.

Par ailleurs, la Commission table sur un creusement du déficit structurel pour l’an prochain de 1,2 % du PIB, soit 0,4 point de plus que ce qu’envisage Rome. 

Mais l’heure n’était qu’aux prévisions économiques. Les autorités italiennes doivent à présent soumettre un projet révisé de budget pour le 13 novembre, et la Commission doit rendre un avis huit jours plus tard. Si ce projet révisé ne rentrait pas dans les clous du Pacte, Rome pourrait s’exposer à l’ouverture d’une procédure pour déficit excessif sur critère de la dette.

Depuis la péninsule italienne, le ton n'a pas varié. Dans une note, le ministre italien des Finances, Giovanni Tria a dénoncé une « analyse insuffisante et partiale » de la part de l'institution européenne et regretté une « défaillance technique qui n’influencera pas la poursuite du dialogue constructif avec la Commission ». 

France. La situation de la France a également fait l’objet d’une attention particulière. La Commission prévoit que le taux de croissance atteigne 1,7 % du PIB en 2018, puis 1,6 % du PIB en 2019 et 2020. Pour 2019, il s’agit d’une prévision légèrement inférieure à celle du gouvernement français, qui prévoit 1,7 % de hausse du PIB. 

Mais c’est la réduction du déficit structurel qui doit être observée de plus près. Alors que Paris tablait sur une réduction de celui-ci de 0,1 % du PIB en 2018, faisant ainsi usage de l’ensemble des flexibilités offertes par le Pacte, il semblerait que ce déficit structurel reste stable, voire même se creuse de 0,05 point. Pour l’an prochain, alors qu’il doit se réduire de 0,6 % du PIB, cette réduction pourrait être de 0,24 % du PIB, Paris ayant prévu une réduction de 0,3 % du PIB. « La réduction du déficit structurel est tout de même existante », a néanmoins affirmé M. Moscovici. (Lucas Tripoteau)

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