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Bulletin Quotidien Europe N° 12129
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POLITIQUES SECTORIELLES / Environnement

120 ONG et scientifiques réclament à l'UE une véritable protection de la santé et de l'environnement contre les pesticides

Une coalition de quelque 120 ONG européennes et internationales, institutions et scientifiques, préoccupés par l’impact nocif des pesticides sur la santé publique et l’environnement, a lancé, mercredi 31 octobre à Bruxelles, un manifeste pour réclamer une réforme complète de la procédure d’autorisation des pesticides dans l’UE qui garantisse une protection effective et véritable de la santé publique et de l’environnement. Cela, conformément aux objectifs du règlement européen de 2009 (1107/2009 régissant l'autorisation de mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques). 

Pesticide Action Network Europe (PAN Europe), Client Earth, GMWatch, le Bureau européen de l'environnement (BEE), le réseau Global 2000, Générations futures, HEALJustice Pesticides, CEO (Corporate Europe Observatory) sont parmi les auteurs de ce manifeste intitulé 'Citizens for Science in Pesticide Regulation' (citoyens pour la science dans le règlement Pesticides) en faveur d'une science rigoureuse, d'une alimentation sûre et d'un environnement sain. 

Le règlement 'pesticides' de l’UE est une bonne législation en théorie, mais les autorités autorisent un nombre élevé des pesticides toxiques, sur la base d’une évaluation des risques qui laisse à désirer, car elle repose sur les études de l’industrie, font valoir les signataires du manifeste, pourfendeurs des conflits d'intérêts. Ils dénoncent en outre les dérogations d'urgence (article 53 du règlement) sollicitées de manière abusive par les États membres pour contourner les interdictions de certains pesticides, comme les néonicotinoïdes notamment. 

Partant, ces citoyens réclament une réforme complète de la procédure d’évaluation des risques et de gestion de risques dans l'UE. À l'heure où des travaux sont en cours - réexamen du règlement 'pesticides' dans le cadre du programme REFIT de la Commission et projet de recommandations de la commission spéciale PEST du Parlement - pour améliorer la procédure d'autorisation des pesticides dans l'UE, le manifeste vise à ce que « la voix de la société civile et des scientifiques préoccupés soit correctement entendue », a déclaré Martin Dermine, directeur de PAN Europe. 

« Nous espérons influencer les décisions en matière d'évaluation des risques et de gestion des risques, et le travail des colégislateurs sur la réforme du droit général de l'alimentation pour qu'ils prennent la bonne décision. Nous voulons que la réduction des risques d'exposition des citoyens à ces produits chimiques soit une priorité de la prochaine Commission européenne », a renchéri Angeliki Lyssimachou, responsable de la politique scientifique de cette ONG. 

Selon le manifeste la réforme devra : - donner la priorité à la santé publique, l’environnement et l’agriculture durable ; - garantir que les décideurs politiques se fondent sur des données scientifiques complètes, publiques, mises à jour et à l’abri des tentatives de l’industrie de biaiser ces données ; - permettre aux décideurs, à la société civile et à la communauté scientifique d’examiner l’intégrité et l’efficacité de la politique. 

118 ONG et 25 personnes individuelles se sont ralliées à ce manifeste. Tous les citoyens et organisations préoccupés sont invités à gonfler leurs rangs. 

Arnaud Apoteker de Justice Pesticides a cité plusieurs affaires dans lesquelles la Commission européenne a perdu en justice pour avoir dénié à des ONG l'accès aux données scientifiques. Le professeur Barbara Demeneix du Muséum national d'histoire naturelle (France) a fait état des « preuves scientifiques montrant que l'exposition aux pesticides organophosphorés pendant la grossesse est liée à un risque accru de troubles neurodéveloppementaux et de baisse du quotient intellectuel » de l'enfant à naître. 

Le professeur Brian Wynne de l’Université de Lancaster (Royaume-Uni) a mis l’accent sur les liens existants entre les pesticides et les OGM traités pour résister à certains herbicides. « L’évaluation des risques devrait porter sur la combinaison. Or l’évaluation des risques des pesticides et celle des OGM sont totalement séparées à l’EFSA », selon lui. Il a également fait observer que, dans l’UE, le principe de précaution, inscrit dans le Traité, doit s'appliquer à la gestion des risques (par la Commission et les États membres), mais non à l’évaluation des risques. « On considère comme allant de soi que la science applique le principe de précaution. Or l'évaluation des risques n'est pas nécessairement précautionneuse » , a-t-il dit. Et de déplorer qu'on ne reconnaisse pas, par exemple, que la manière dont sont formulées les questions aux scientifiques a son importance. 

Pour consulter le manifeste https://bit.ly/2RrVklM.  (Aminata Niang)

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