Les députés du PE demandent que le programme PEACE et les autres programmes de la Politique de cohésion à destination de l’Irlande du Nord soient maintenus après le Brexit, dans un rapport d’initiative dont le rapporteur est le Britannique Derek Vaughan (S&D), adopté mardi 11 septembre (565 voix, 51 contre, 65 abstentions).
« S’il vous plaît, collègues, envoyons un message à l’Union européenne, au gouvernement irlandais et, en particulier, au gouvernement britannique, selon lequel Interreg et particulièrement le programme PEACE sont vraiment importants », avait insisté le rapporteur lors d’un débat en session plénière la veille. « Nous devons continuer à les financer après 2020, quoiqu’il arrive » a-t-il lancé.
Un message soutenu par presque tous les députés. Le Britannique James Nicholson (CRE) s’est inscrit en faux contre l’allégation selon laquelle, sans ces fonds, le processus de paix n’aurait pas été possible. « Pour moi, c'est, au mieux, trop simpliste, et, au pire, cela risque de donner une excuse potentielle à ceux qui cherchent à justifier le terrorisme », a-t-il mis en garde. Par ailleurs, le député conservateur s’est interrogé quant à savoir qui allait représenter l’Irlande du Nord, étant donné que le Royaume-Uni n’allait plus être représenté ni au Conseil, ni à la Commission européenne, ni au Parlement européen.
Une inquiétude qu’ont tenté de calmer plusieurs députés ainsi que la commissaire à la Politique régionale, Corina Creţu, rappelant qu’il existait déjà des dispositifs permettant, à l’heure actuelle, de mener des programmes transfrontaliers avec des pays tiers. La commissaire a rappelé par ailleurs que la Commission avait prévu de poursuivre les programmes frontaliers avec le Royaume-Uni et a proposé la continuation du programme PEACE+ (EUROPE 12029) durant le prochain cycle budgétaire.
Étendre le programme PEACE
Par ailleurs, les députés proposent de répéter l’expérience du programme PEACE ailleurs en Europe. Ainsi, Ivan Jakovčić (ADLE, croate) a appelé à élargir le programme PEACE aux Balkans, citant le Kosovo et la Bosnie-Herzégovine, dont un changement des frontières est actuellement étudié (EUROPE 12091).
La délégation britannique de l'ELDD et l’ENL ont voté contre le rapport d’initiative, ainsi qu'une partie du CRE (l'autre partie s'étant abstenue).
La question de la frontière irlandaise constitue l’un des grands nœuds gordiens sur lequel butent les négociations entre l’Union européenne et le Royaume-Uni (EUROPE 12086). (Pascal Hansens)