Les parties prenantes avancent leurs derniers pions, dans l'espoir de peser sur le vote du Parlement européen sur la réforme du droit d'auteur, qui aura lieu mercredi 12 septembre. Sur la toile, d'une part, avec une bataille d'arguments et contre-arguments sur Twitter, et au Parlement européen de Strasbourg, d'autre part, avec de multiples manifestations auxquelles ont participé des personnalités du monde de la culture.
Ces initiatives ont-elles permis de faire bouger les lignes de juillet (EUROPE 12056) ? Difficile à dire. Lors du débat, la veille, les opinions étaient encore bien tranchées. Les réunions de groupe, qui devaient suivre, devraient permettre d'y voir plus clair.
Débat au Parlement européen
Certains députés ont déjà affiché leur position pour le vote lors du débat. Ainsi, Luis de Grandes Pascuál (PPE, espagnol) a assuré à Axel Voss que la délégation espagnole du PPE soutiendrait ses amendements. Les députés Marie-Christine Boutonnet (ENL, française) et Sajjad Karim (CRE, britannique) ont également apporté leur soutien au rapporteur. Du côté du groupe S&D, la Française Pervenche Berès a fait savoir en conférence de presse que son groupe voterait de manière libre.
D'aucuns attendaient une sorte de coalition entre Axel Voss (PPE, allemand) et Jean-Marie Cavada (ADLE, français), mais si le rapporteur a appelé les différentes parties à se mettre autour de la table, il a conclu son intervention en plénière en indiquant que, sur l'article 13, il n'était ni en faveur de la position de la commission du marché intérieur, défendue par Julia Reda et Catherine Stihler, ni en faveur de celle des libéraux.
Manifestations
Les lobbies étaient en tout cas bien présents dans l'enceinte du Parlement européen pour rencontrer les eurodéputés. Par ailleurs, ils sont plusieurs à avoir organisé des manifestations de grande envergure.
Les supporters de la réforme. Du côté des défenseurs, citons tout d'abord la commissaire Mariya Gabriel, qui a invité les députés à soutenir le texte dans les colonnes du Financial Times, affirmant que « c'était maintenant ou jamais ». Le réseau Europe for creators, qui rassemble notamment la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem), a, quant à lui, distribué des flyers appelant à protéger la culture (accompagnés de préservatifs) et a organisé plusieurs concerts présentés comme un 'Récital pour l'Europe'. Le directeur du bureau de l’AFP à Bagdad, Sammy Ketz, était au côté des eurodéputés Virginie Rozière (S&D, française) et Helga Trüpel (Verts/ALE, allemande) pour appeler à la création d'un droit voisin pour les éditeurs de presse en vue de protéger une profession « en danger ».
Les détracteurs de la réforme. L'ancien membre des Fugees, Wyclef Jean, était également au Parlement européen au côté de l'Allemande Nadja Hirsch (ADLE) pour s'opposer à la réforme. « Il faut donner aux jeunes la possibilité de se faire connaître sur les plus grosses plates-formes pour qu’on puisse les découvrir », a déclaré le rappeur haïtien, affirmant qu'il pensait là aux « futures Beyoncé ».
Toutefois, la bataille la plus féroce a été livrée sur la plate-forme Twitter, où les deux factions ont procédé à une bataille d'arguments. Comme en juillet, les détracteurs de la réforme ont fait valoir l'aspect 'censure', obligeant la Commission à réaffirmer une nouvelle fois que ni les mêmes, ni les hyperliens n'étaient en danger. (Sophie Petitjean)