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Bulletin Quotidien Europe N° 12031
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Protection civile

Le PE est prêt pour négocier avec le Conseil un mécanisme de protection civile renforcé

Pour sauver des vies, le Parlement européen a soutenu, jeudi 31 mai à Strasbourg, le renforcement du mécanisme de protection civile de l’UE, estimant que celui-ci a trouvé ses limites pour apporter une réponse collective efficace et rapide à la multiplication des catastrophes, parfois transfrontières et simultanées, qui ont fait 200 morts l’an dernier en Europe. 

Par 431 voix (99 contre, 97 abstentions), il a souscrit au projet de créer 'RescEU', une réserve européenne de moyens (Canadair, pompes à grande capacité, hôpitaux de campagne et équipes médicales d'urgence) pour aider les États membres à faire face plus efficacement aux catastrophes naturelles et humaines, dans le plein respect de la subsidiarité, comme il a soutenu le renforcement du volet prévention de la proposition présentée en novembre par la Commission européenne (EUROPE 11911). 

'RescUE' pourrait acheter ou louer son propre équipement, en plus de celui prêté par les États membres. Il agirait en les soutenant, lorsque leurs propres capacités sont utilisées au maximum, mais il ne doit pas remplacer celles-ci, ont précisé les députés. Selon eux, les États membres devraient prendre des mesures préventives adéquates pour préserver une capacité nationale suffisante pour gérer efficacement les catastrophes. 

Mandat a été donné au rapporteur, l'Italienne Elisabetta Gardini (PPE), de renvoyer le texte en commission de l'environnement pour entamer les négociations interinstitutionnelles en vue d'un accord. 

« Nous devons vraiment mettre un terme à des tragédies comme celles que nous avons vues l'année dernière au Portugal, où plus de 100 personnes ont perdu la vie », a déclaré Elisabetta Gardini, pour qui la solidarité est la valeur cardinale de la proposition. 

 Les amendements votés, dont ceux de la commission de l’environnement repris en bloc, visent notamment à rationaliser les mesures administratives pour réduire la bureaucratie, à insister sur l'importance du rôle des autorités locales dans la gestion des catastrophes et à souligner que le mécanisme de protection civile futur renforcera la coopération entre l’UE, les États membres, mais aussi les régions. 

« Il est essentiel de préparer des cartes de risques par régions et/ou par États membres et de renforcer la capacité de réaction et les mesures de prévention, en mettant l’accent sur les risques climatiques », précise la résolution. 

 Le PE a en outre voté pour mentionner les attaques terroristes dans les catastrophes, pour demander plus de souplesse dans l’utilisation de tous les instruments de l’UE et garantir que les ressources additionnelles requises pour financer 'RescEU' (quelque 280 millions d’euros) soient additionnelles et non prélevées sur le budget d’autres politiques. 

Il a aussi suggéré de mettre en place l'équivalent d'un programme Erasmus pour promouvoir la coopération entre les personnels de protection civile, ce qui n'est pas du goût de tous. La Tchèque Michaela Šojdrová (PPE), par exemple, a indiqué qu'elle n'était pas d'accord pour qu'Erasmus+ soit utilisé à d'autres fins que l'éducation des jeunes. 

Lors du débat à la veille du vote, le commissaire européen à l'Aide humanitaire et la Gestion des crises, Christos Stylanides, qui a fait le tour des capitales pour expliquer le projet 'RescEU', avait souligné que la proposition sur la table n'était « pas une révolution, mais une évolution » pour aider les États membres. Il avait insisté sur le rôle de coordination de la Commission et rappelé que les États membres touchés devaient gérer les opérations sur leur territoire. Et d'assurer à ces derniers que la Commission européenne « fera tout » pour aider à trouver rapidement un accord interinstitutionnel. 

L'eurodéputé néerlandais Bas Eickhout (Verts/ALE), tout en exprimant le soutien de son groupe, avait prévenu : « Des pays comme le mien auront du mal à accepter que le texte couvre les attaques terroristes au lieu de se limiter aux seules catastrophes naturelles. » Elisabetta Gardini lui avait répondu que le texte reprenait strictement le champ d'application du système de protection civile de l'UE, conformément à la décision 1313/2013. C'est cette décision qu'il s'agit maintenant de modifier pour améliorer l'efficacité de la réponse européenne. Un groupe de travail mis en place par la Présidence bulgare travaille d'arrache-pied pour tenter de mettre les États membres d'accord. 

Le groupe GUE/NGL s'est dit déçu que les amendements visant à mentionner les réfugiés climatiques aient été rejetés. (Aminata Niang)

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