Les membres de la commission du développement régional du Parlement européen se sont inquiétés des coupes budgétaires prévues dans la politique de cohésion après 2020, mais aussi de la nouvelle répartition budgétaire entre les fonds et entre les États membres, lors d’une session extraordinaire en présence de la commissaire compétente, Corina Crețu, jeudi 31 mai (EUROPE 12029).
Jan Olbrycht (PPE, polonais) a été le plus critique. Il a critiqué les annonces du commissaire au Budget, Günther Oettinger, qui n’a eu de cesse de parler de coupes budgétaires de 7 %, quand celles-ci sont en termes réels de 10 %. Par ailleurs, le député a fait part de ses craintes face aux coupes prévues pour le Fonds de cohésion, parlant d’une baisse de 46 %.
M. Olbrycht s’est ainsi demandé si la réduction de la dotation du Fonds de cohésion correspondait à une réduction du nombre de régions les moins développées. En outre, il s’est alarmé des baisses prévues pour certains États membres allant jusqu’à 24 %, comme la Pologne, ou la Hongrie.
Sur ce point, Dimitrios Papadimoulis (GUE/NGL, grec) craint une lutte opposant les pays d'Europe centrale et orientale et les pays du Sud afin de rééquilibrer les enveloppes nationales.
Globalement, la plupart des députés regrettent les coupes budgétaires prévues par la Commission, à l’instar de Constanze Krhel (S&D, allemande), Monika Vana (Verts/ALE, autrichienne), et Matthijs van Miltenburg (ADLE, néerlandais).
Mme Crețu a dit aussi regretter la réduction, reconnaissant qu'en termes réels, les coupes proposées avoisinent 10 %. Selon elle, « le pire a été évité », car les coupes prévues il y a un an allaient jusqu’à 50 %. La commissaire a noté que le nombre de régions les moins développées restait inchangé.
Quant à la répartition entre États membres, la commissaire s'en est expliquée. Elle a rappelé en substance que le Fonds de cohésion était destiné aux régions les plus dans le besoin et qu'il avait été mis sur pied pour soutenir notamment le développement et la modernisation des infrastructures en Europe centrale et orientale à partir de 2004.
Or, la situation de ces États membres s’est nettement améliorée depuis, comme en Pologne. Dans d’autres pays, au contraire, la situation s’est détériorée, comme en Grèce ou à Chypre, deux pays ayant fait l'objet de plans de sauvetage macro-économique.
La commissaire a en outre expliqué qu’il fallait prendre en compte l’intensité de l’aide par habitant, qui permet de mieux rendre compte des évolutions démographiques des régions.
Filet de sécurité
Selon une source, la Commission a prévu la mise en place d’un filet pour éviter que la chute pour certains États membres soit trop dure. Ce filet a été fixé à -24 % par rapport à la dotation actuelle. La Hongrie aurait, sans ce filet, perdu plus de 30 % de sa dotation, a-t-elle expliqué.
L’intensité de l’aide par habitant serait en effet plus représentative. Ainsi, la Hongrie toucherait sur la période 2021-2027 environ 250 euros par tête, tout comme la Pologne qui se situe à un niveau légèrement en deçà, contre environ 13 euros seulement pour les Pays-Bas. (Pascal Hansens)