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Bulletin Quotidien Europe N° 11970
EMPLOI - SOCIAL - CULTURE / Emploi

La Cour des comptes européenne pointe du doigt le manque d’harmonisation des données en matière de mobilité des travailleurs

Les auditeurs de la Cour des comptes européenne demandent à la Commission européenne d’améliorer la qualité des données en matière de mobilité des travailleurs, notamment pour ce qui est des différentes formes de discrimination, dans un rapport publié mardi 27 février.

Pour George Pufan, membre de la Cour des comptes et coauteur du rapport, les outils mis en place pour favoriser la mobilité des travailleurs peuvent être clairement améliorés, notamment pour ce qui est de la traçabilité des financements de l’Union européenne et de leur suivi.

L’étude de la Cour qui a porté sur la Commission européenne et cinq États membres (Allemagne, Luxembourg, Pologne, Roumanie, Royaume-Uni) dresse un constat inquiétant : la qualité des données sur l’inadéquation entre compétences et besoins du marché du travail varie grandement d’un État membre à l’autre (l’Allemagne et le Royaume-Uni faisant figure de bons élèves ici), ce qui porte atteinte au bon fonctionnement du marché intérieur et à la mobilité des travailleurs. Les besoins en compétences dans une zone géographique restent méconnus dans une autre région d’Europe par manque d’homogénéisation des données et de partages de celles-ci, a expliqué un membre de la Cour.

Sur le Fond social européen, les auditeurs n’hésitent pas à affirmer que les montants consacrés à la mobilité des travailleurs (27,5 milliards d’euros pour la période 2014–2020) restent inconnus à la Commission européenne. De même pour le portail EURES, le réseau européen des services de l’emploi, dont l’objet est d’encourager la mobilité géographique volontaire, présente de sérieuses dysfonctions : les services publics de recherche d’emplois nationaux n’y publient pas l’intégralité de leurs offres et les informations fournies aux demandeurs d’emploi sont souvent incomplètes. Les projets transfrontaliers relevant du réseau EURES n'auraient, dans leur grande majorité, aucun objectif de résultat défini en amont et, par là même, le niveau de suivi des projets serait insuffisant. Les auditeurs déplorent, dans leur rapport, l’incapacité de la plupart des services publics de l’emploi à donner des chiffres quant aux « placements » réalisés dans le cadre du programme EURES.

La Cour formule plusieurs recommandations à la Commission. Premièrement, cette dernière doit mener une évaluation sur les informations disponibles quant à la liberté de circulation des travailleurs et les discriminations sur le marché de l’emploi. Les auditeurs invitent l'institution à travailler en partenariat avec les États membres à l’amélioration de la collecte des données sur la mobilité des travailleurs et sur les déséquilibres du marché de l’emploi, et de mieux flécher les financements de l’Union européenne dans le cadre du soutien à la mobilité des travailleurs, notamment dans leur suivi.

Aux États membres, la Cour suggère un meilleur contrôle de l’efficacité du programme EURES et de tirer profit au mieux du portail dédié.

Ce rapport pourrait alimenter la réflexion de la Commission européenne, de l'avis d'un membre de la Cour, qui s'apprête à présenter une initiative pour instaurer une autorité européenne du travail, le 13 mars prochain (EUROPE 11964).

Pour consulter le rapport : http://bit.ly/2CnBpAU . (Pascal Hansens)

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