Le vice-Premier ministre à l’Intégration européenne et euroatlantique ukrainien, Mme Ivanna Klympush-Tsintsadze, a expliqué, mardi 27 février, que son pays était en faveur d’une mission de maintien de la paix dans l’est de l’Ukraine, mais sous conditions.
« La situation dans laquelle nous nous trouvons dans l’est de l’Ukraine montre qu’il y a une nécessité d’intensifier la discussion sur une mission de maintien de la paix (…) Mais elle doit être déployée avec le consentement et une consultation indispensable du gouvernement ukrainien », a-t-elle expliqué lors d'une audition devant la sous-commission 'Sécurité et Défense' du Parlement européen. Ainsi, selon la ministre, la mise en œuvre d’une telle mission ne sera possible qu’avec « le retrait de toutes les troupes d’occupation et les mercenaires » et un contrôle effectif de la frontière. Elle a précisé à ce propos que 904 kilomètres de frontière n’étaient pas contrôlés. De même, « aucun représentant de l’État agresseur ne peut participer à la mission. Elle doit avoir un personnel adéquat », a-t-elle ajouté. « Il est important que nos partenaires nous entendent et que l’on ait une position commune sur les modalités », a-t-elle conclu.
La ministre est longuement revenue sur la situation dans l’est du pays, où les combats se poursuivent. Selon la ministre, les dommages s’élèvent à 50 milliards de dollars. « L’Ukraine est le pays le plus miné en Europe et si le conflit s’arrêtait aujourd’hui (…) il faudrait 15 ans pour déminer et assainir le terrain », a-t-elle ajouté.
Mme Klympush-Tsintsadze a mis en garde contre l’influence de la Russie sur tout le continent européen. « La Russie est une menace existentielle pas seulement pour l’Ukraine, la Géorgie, la Moldavie, mais aussi pour l’UE, pour les pays fondés sur les valeurs occidentales », a-t-elle estimé. « Nous espérons que nous resterons unis et que l’UE et la communauté transatlantique veilleront à ce que la Russie ne puisse plus continuer ses attaques contre des voisins ou lancer une attaque hybride contre la démocratie », a-t-elle ajouté. Elle a estimé que la communauté internationale avait réagi trop faiblement lors de l’agression russe contre la Géorgie, en 2008. « Grâce à cette impunité vis-à-vis de Poutine, nous avons aiguisé son appétit », a-t-elle ajouté. (Camille-Cerise Gessant)