Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a appelé vendredi 23 février, à un cessez-le-feu et accès humanitaire dans la Ghouta orientale, en Syrie, bombardée depuis plusieurs jours par les forces de Bachar-El Assad.
« Le régime d’Assad attaque brutalement des hommes, des femmes et des enfants innocents. Ses soutiens, la Russie et l’Iran, permettent que cela se produise. Nous les exhortons à arrêter cette violence », a-t-il indiqué à l’issue du sommet informel. « L’UE appelle à un cessez-le-feu immédiat, à la fourniture d’un accès humanitaire urgent et à la protection des civils », a-t-il ajouté. Vendredi, pour la sixième journée consécutive, les avions du régime syrien bombardent le fief rebelle de la Ghouta orientale. Depuis dimanche, les raids et les tirs d’artillerie ont déjà fait 462 victimes civiles, dont 103 enfants.
À l’issue du sommet, plusieurs dirigeants européens ont aussi appelé à un cessez-le-feu. « Le plus important pour tout le monde, y compris pour la Russie (…) est de mettre un terme à tout cela, d'avoir un cessez-le-feu, ce doit être la chose la plus cruciale maintenant », a souligné le Suédois Stefan Löfven. « Nous avons demandé une trêve. Un cessez-le-feu complet est délicat (car il y a d’autres théâtres d’opérations où la guerre se poursuit). C’est sur la Ghouta orientale que nous avons concentré nos efforts », a ajouté le président français, Emmanuel Macron.
Leurs commentaires font écho à une déclaration de la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, publiée un peu plus tôt dans la journée, au nom des Vingt-huit, dans laquelle elle a exhorté à faire en sorte que « le massacre de la Ghouta orientale » cesse « maintenant ». « L'UE est à court de mots pour décrire l'horreur vécue par les habitants de la Ghouta orientale. Des centaines de civils, de femmes et d'enfants sont ciblés délibérément et sans relâche. Ce sont les vraies victimes, innocentes, de cette guerre » a ajouté Mme Mogherini, dans des termes rarement utilisés par la diplomatie européenne.
Les Vingt-huit appellent donc « toutes les parties au conflit, ainsi que les garants des quatre zones de désescalade, à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer un cessez-le-feu immédiat, la protection du peuple syrien en respectant le droit international humanitaire et un accès à l’aide humanitaire urgente », a exhorté la Haute Représentante, ajoutant que le régime syrien devait « immédiatement » cesser de cibler son propre peuple et remplir sa responsabilité première de le protéger. « La communauté internationale doit s'unir pour arrêter cette souffrance humaine », a-t-elle ajouté, avant de prévenir qu’il était « de la responsabilité de tous de prévenir de nouvelles pertes de vies, d'arrêter la violence ».
À l'heure où nous allions sous presse, le Conseil de sécurité des Nations Unies était réuni pour négocier une résolution appelant à une trêve de 30 jours et à permettre l’arrivée de l’aide humanitaire. La déclaration des Vingt-huit appelle d’ailleurs la communauté internationale à soutenir cette résolution, dont le sort était en grande partie entre les mains de la Russie, qui a un pouvoir de véto au Conseil de sécurité de l'ONU. Selon une source diplomatique française, le président français, Emmanuel Macron, a demandé, au début des travaux du sommet informel, que tous les chefs d’État et de gouvernement mettent « leur poids dans la balance pour obtenir » son adoption. Parallèlement à cette déclaration, la chancelière allemande, Angela Merkel, et M. Macron ont adressé une lettre commune au président russe, Vladimir Poutine, lui demandant de soutenir cette résolution. (Camille-Cerise Gessant avec la rédaction)