Le ministre roumain de la Justice, Tudorel Toader, a lancé jeudi 22 février une « procédure de révocation » du procureur général du Parquet anticorruption (DNA), Laura Codruţa Kövesi, a rapporté l’AFP.
Lors d'une conférence de presse, le ministre issu de la majorité de gauche a accusé Mme Kövesi d'avoir « enfreint » la Constitution et « nui à l'image » du pays à l'étranger.
La Commission européenne a indiqué, vendredi 23 février, suivre cela de très près et « avec préoccupation ».
Mercredi 21 février, le Premier ministre roumain, Mme Viorica Dăncilă, en déplacement à Bruxelles, avait pourtant rassuré ses homologues sur les intentions de son pays. Jean-Claude Juncker avait même dit n’être pas « particulièrement inquiet » de la situation de l’État de droit dans le pays (EUROPE 11966).
« La lutte anticorruption ne peut masquer des comportements non constitutionnels, illégaux, diffamatoires à l'adresse de responsables d'institutions publiques », a justifié M. Toader, évoquant des « faits intolérables ».
M. Toader a notamment reproché à Mme Kövesi, dont le mandat court jusqu'en avril 2019, d'avoir un « comportement autoritaire », de s'être impliquée dans des enquêtes menées par des subordonnés, mais aussi d'avoir « critiqué des projets de loi sur la justice » dans des interviews aux médias internationaux. Ces critiques « ont affecté de manière irrémédiable l'image de la Roumanie », a-t-il lancé.
Un porte-parole de la Commission a rappelé vendredi les bons résultats engrangés jusqu’à présent par ce Parquet anticorruption et que la Commission se réservait à tout moment le droit de modifier ces conclusions positives dressées dans son dernier rapport au titre du 'Mécanisme de coopération et vérification', si elle devait constater des atteintes à ce travail de lutte contre la corruption. (Solenn Paulic)