Malgré la visite d'une délégation à Amsterdam, jeudi 22 février, le Parlement européen reste préoccupé par le processus de relocalisation de l'Agence européenne des médicaments (EMA). Devant la presse, le président de la commission de l'environnement (ENVI) a épinglé le risque de retard dans la construction du nouveau site. Il a aussi rappelé que le Parlement devait avoir son mot à dire dans le processus.
Pour rappel, les États membres ont attribué à Amsterdam le siège de l'Agence des médicaments le 20 novembre dernier, après trois votes à bulletin secret pour départager le trio de tête des villes candidates, à savoir Milan, Copenhague et Amsterdam (EUROPE 11908). Mais les autorités italiennes ont déposé, fin janvier, une plainte auprès de la Cour de justice de l’Union européenne, estimant que l’offre néerlandaise ne remplissait pas le critère de continuité retenu par les Chefs d’État ou de gouvernement.
Le 22 février, une mission d'établissement des faits (‘fact finding mission’) composée de 6 eurodéputés de la commission ENVI a visité le bâtiment temporaire et le site où le bâtiment définitif doit être construit. Elle a aussi discuté de la relocalisation avec le directeur exécutif de l'Agence, Guido Rasi, et des représentants du ministère néerlandais de la Santé.
Les rapporteurs fictifs doivent se réunir le 27 février pour discuter de leur position, en vue du vote sur cette question, qui se déroulera en commission ENVI le 12 mars.
Les choses restent à faire
À l'issue de cette rencontre, Giovanni La Via a fait référence à un « bon endroit » pour le bâtiment temporaire, mais un risque de retard pour le nouveau bâtiment. « S'il devait y avoir du retard, cela pourrait miner la continuité de l'EMA et entraîner une détérioration progressive de ses activités », a-t-il déclaré. « Nous avons également de grands doutes sur la procédure suivie par le Conseil : le Parlement ne peut pas être contourné. Avant de voter, le Conseil et la Commission devraient nous donner l'assurance que toute décision future concernant le siège des agences sera prise en codécision », a ajouté Giovanni La Via. D'après lui, le président du Parlement, Antonio Tajani, aurait envoyé, le 21 février, un courrier au président de la Commission pour demander des assurances en ce sens.
« La continuité des affaires était centrale dans notre offre », a répondu un représentant du ministère néerlandais de la Santé. « Soyons clairs : est-ce que l'EMA aura son site temporaire ? Oui. Est-ce qu'elle aura assez d'espace ? Encore oui. Est-ce que le nouveau bâtiment sera prêt à temps ? Toujours oui. Quant aux rumeurs d'une augmentation de 30 % du loyer comparé à notre offre, c'est non », a-t-il poursuivi, ajoutant que les autorités néerlandaises contribueraient « généreusement » au bâtiment permanent et couvriraient les coûts du bâtiment temporaire. (Sophie Petitjean)