Emmenées par Friends of the Earth, une soixantaine d'organisations de la société civile européenne et indonésienne ont souligné, en marge du 4e cycle de pourparlers pour accord de libre-échange UE/Indonésie, qui s'est achevé vendredi 23 février à Surakarta, leurs inquiétudes à l'égard des menaces liées à un éventuel accord : pression sur les droits du travail et sur l'environnement, en particulier en lien avec la question de l'huile de palme, système de protection des investisseurs qui met en péril les politiques publiques, risques pour l'accès aux médicaments.
Lors d'une réunion entre les représentants des ONG et les négociateurs européens et indonésiens, les représentants de l'UE ont reconnu que « le futur accord commercial UE/Indonésie pourrait ne pas être le cadre le plus approprié pour aborder la question de l'huile de palme », a indiqué Friends of the Earth.
« L'huile de palme est un produit clé dans le commerce entre l'Indonésie et l'UE. Elle est responsable d'énormes problèmes environnementaux, de l'accaparement des terres, des conflits avec les communautés locales et des violations des droits de l'homme. Cette question doit être discutée hors de l'accord. Tant que les problèmes ne seront pas résolus, il devrait y avoir un moratoire sur les nouvelles concessions d'huile de palme », insiste l'ONG Walhi, antenne indonésienne de Friends of the Earth.
« L'Indonésie demande un accès total au marché de l'UE pour son huile de palme conforme à son système de certification ISPO. Mais ce système est inefficace face aux problèmes environnementaux, sociaux, de droits de l'homme et droits du travail. L'abolition des tarifs douaniers actuels pour l'huile de palme ne fera qu'accroître les violations des droits de l'homme. Nous exhortons la Commission européenne à ne pas céder », insiste Friends of the Earth Europe.
L'Indonésie est le premier producteur d'huile de palme, avec plus de 50 % de la production mondiale. Les superficies plantées en huile de palme ont augmenté de 600 % entre 1990 et 2010, couvrant 8,4 millions d'hectares (2,75 fois la Belgique), participant à la déforestation.
L'UE est le troisième plus grand consommateur d'huile de palme au monde (après l'Indonésie et l'Inde) et le deuxième importateur (après l'Inde).
Le Parlement européen soutient l'interdiction de l'utilisation d'huile de palme dans les biocarburants dans le secteur des transports de l'UE dès 2021 (EUROPE 11941). (Emmanuel Hagry)