Le Parlement européen a demandé à la Commission et à la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité de vérifier si le Cambodge répond à ses obligations en matière de droits de l’homme et, si ce n’est pas le cas, de suspendre les préférences tarifaires de l'UE en faveur de ce pays.
Ainsi, dans la résolution commune des groupes CRE, Verts/ALE, GUE/NGL, S&D, ADLE et PPE qu’ils ont adopté, les députés rappellent que le respect des droits fondamentaux est une condition préalable pour que le Cambodge continue de bénéficier du régime préférentiel « Tout sauf les armes » de l’UE et demandent donc à la Haute Représentante et à la commissaire au Commerce de réexaminer « sans tarder » les obligations du pays (EUROPE 11908). Pour le Parlement « si le Cambodge agit en violation de ses obligations, les préférences tarifaires dont il bénéficie actuellement devraient lui être temporairement retirées ».
Exprimant leurs préoccupations quant à la dissolution du parti du salut national du Cambodge (PSNC), principal parti d’opposition, et l’interdiction d'activité politique pour cinq ans de ses 118 membres (EUROPE 11907), les députés invitent le Service européen pour l'action extérieure et la Commission à dresser la liste des personnes responsables de sa dissolution et des autres violations graves des droits de l’homme « en vue de leur imposer, au besoin, des restrictions de visa et le gel de leurs avoirs ».
Alors qu’il exprime de « sérieux » doutes quant à la crédibilité et à la transparence des élections de 2018, le Parlement salue la décision de l’UE de suspendre toute forme d’assistance électorale « jusqu’à ce que ce pays engage des réformes conformes aux normes électorales internationales afin de faire progresser la démocratie et de protéger la marge d’action de la société civile ». La Haute Représentante et le Représentant spécial de l’Union pour les droits de l’homme doivent user de tous les moyens dont ils disposent pour protéger les droits fondamentaux des citoyens cambodgiens à élire des représentants et à être élus, et pour garantir le pluralisme et les principes démocratiques, en stricte conformité avec la Constitution du Cambodge, soulignent les députés européens. Ils exhortent le gouvernement à libérer « sans délai et sans condition » les membres de l’opposition. (Camille-Cerise Gessant)