Dans une résolution commune des groupes CRE, ADLE, PPE, ELDD, S&D, Verts/ALE et GUE/NGL adoptée le 14 décembre, le Parlement européen a demandé à l’UE d’adopter des sanctions contre les responsables de violences à l’encontre des Rohingyas. Selon Médecins sans frontières, au moins 6.700 Rohingyas ont été tués entre fin août et fin septembre au cours d'une opération de l'armée birmane.
Les députés appellent à l’adoption « de toute urgence des sanctions punitives ciblées à l’encontre d’individus dans l’armée ou dans les services de sécurité responsables de nombreuses violations des droits de l’homme en Birmanie » et demandent l’élargissement de la portée de l’embargo sur les armes en vigueur. Ils invitent aussi le Conseil de sécurité des Nations Unies à imposer un embargo total sur les armes en Birmanie. Selon le Parlement, la Haute Représentante et les États membres doivent « intensifier fortement la pression sur les autorités et les services de sécurité de la Birmanie afin qu’ils mettent un terme à la violence et à la discrimination à l’encontre de la population Rohingya ».
Les députés invitent aussi l’UE à organiser un sommet intergouvernemental en collaboration avec les Nations-Unies afin « d’examiner les progrès accomplis dans le processus de rapatriement des Rohingyas et le rétablissement des droits liés à la citoyenneté et de démarrer la procédure d’enquête indépendante sur les crimes contre l’humanité ».
La Commission devrait évaluer les conséquences pour ce qui est des préférences commerciales dont jouit la Birmanie et notamment d’envisager une enquête au titre des mécanismes prévus dans le cadre du régime « Tout sauf les armes », ajoutent les députés, qui souhaitent également une relance du dialogue sur les droits de l’homme entre la Birmanie et l’UE pour débattre spécifiquement des questions relatives à la communauté Rohingya. Le Parlement demande aussi à l’UE et ses États membres d’accroître leur aide financière et matérielle à l’hébergement des réfugiés.
S’adressant aux autorités birmanes, les députés appellent à la fin de la violence et de la ségrégation de la minorité et demandent des enquêtes sur les violations graves des droits de l’homme et la poursuite des responsables, la mise en œuvre du rapport final de la commission consultative sur l’État de Rakhine et le retour volontaire, sûr et digne des réfugiés. (Camille-Cerise Gessant)