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Bulletin Quotidien Europe N° 11926
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Justice

Au PE, l’interdiction à l’échelle de l’UE des symboles et slogans nazis et fascistes fait débat

« Les mots et les symboles sont puissants ; ils ont la puissance de nuire ». Ce propos de Matti Maasikas, le vice-ministre estonien chargé des Affaires européennes, résume bien l’enjeu du débat d’actualité qui s’est tenu au Parlement européen, mercredi 13 décembre, sur l’interdiction, à l’échelle de l'UE, des symboles et slogans nazis et fascistes.

Face à une Commission et un Conseil unis, plaidant pour une véritable réponse européenne à l’aggravation de la haine et de l’intolérance en Europe, ce sont pourtant les divergences de vues au sein de l’hémicycle qui ont dominé le débat.

« Le nazisme et le fascisme ne sont pas des avis, ce n’est pas un exercice normal de la liberté d’expression, c’est exactement son contraire, c’est la négation de la liberté, c’est un crime », a déclaré l’Italienne Cécile Kashetu Kyenge (S&D).

Pour Jussi Halla-aho (CRE, finlandais), il serait, au contraire, « puéril » d’essayer d’interdire des symboles à l’échelle de l’UE. Tout d’abord, en raison des significations différentes qu’ils peuvent avoir en fonction des cultures, a-t-il expliqué, mais aussi, parce que, aussitôt interdits, de nouveaux symboles seront inventés. Il serait par ailleurs très difficile de s’accorder sur des critères indiquant qu’un symbole est assez négatif pour être interdit, a-t-il pointé, ajoutant que « le seul critère serait politique et non objectif »

À l’initiative du Tchèque Jaromír Štětina (PPE), la question de l’interdiction des symboles communistes a par ailleurs été relancée. « Quelle est la différence entre le totalitarisme nazi et le totalitarisme communiste qui a tué tout autant de personnes ? », a-t-il demandé.

Pour Stelios Kouloglou (GUE/NGL, grec), s’il est certes positif de vouloir interdire ces slogans et symboles, cela ne reste toutefois qu’un « acte symbolique ». Une étape plus concrète, selon lui, serait de s'attaquer aux causes de ce phénomène, à savoir les politiques d’austérité, l’injustice sociale et l'insécurité ambiante. 

D’autres se sont montrés plus optimistes et ambitieux, à l’instar d’Ivan Jakovčić (ADLE, croate), qui a lancé un appel pour que le Parlement adopte une résolution sur cette question avant la fin de son mandat. L’Autrichien Heinz K. Becker (PPE) s’est, quant à lui, prononcé en faveur d’un cadre législatif actant une telle interdiction, demandant à la Commission et au Conseil d’ouvrir la voie à la condamnation pénale de ces actes dans toute l’UE. (Marion Fontana)

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