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Bulletin Quotidien Europe N° 11917
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Eurogroupe

Les Dix-neuf éliront leur futur président

La succession de Jeroen Dijsselbloem à la tête de l’Eurogroupe sera sur toutes les lèvres à l’occasion de la réunion informelle des ministres des finances de la zone euro, qui précédera une réunion en format élargi des ministres des finances de 27 États membres, où seul le Royaume-Uni ne sera pas représenté, lundi 4 décembre. 

Les aspirants à la fonction se sont officiellement portés candidats jeudi 30 novembre (EUROPE 11916). Alors que les socialistes européens souhaitent instamment qu’une personnalité de leur famille politique dirige l’Eurogroupe pour deux ans et demi, seuls deux d’entre eux, Mário Centeno (Portugal) et Peter Kažimír (Slovaquie), en font effectivement partie. Dana Reizniece-Ozola (Lettonie) et Pierre Gramegna (Luxembourg) sont respectivement affiliés au parti écologiste et libéral dans leur pays.

Le futur président de l’Eurogroupe sera élu à la majorité simple, après plusieurs tours voyant les candidats ayant récolté le moins de votes être éliminés. « Je m'attends à une procédure relativement rapide sur deux ou trois tours », a indiqué un diplomate de haut rang, vendredi 1er décembre.

La presse portugaise est optimiste quant à la candidature du ministre portugais, celui-ci pouvant déjà prétendre à au moins huit voix de pays du Sud de l'Europe ainsi que de la France et l'Allemagne.

Dans leur lettre de motivation, les quatre candidats sont globalement d’accord sur les grandes priorités politiques, notamment l’achèvement de l’Union bancaire, une sortie ordonnée du troisième plan de sauvetage grec ou encore une bonne application des règles du Pacte de stabilité et de croissance. Dana Reizniec-Ozola et Pierre Gramegna plaident en outre pour davantage de transparence dans le fonctionnement et la prise de décision de l’Eurogroupe.

Cette élection précédera de quelques semaines celle du président du groupe de travail Eurogroupe au sein du Conseil de l’UE. Le successeur du diplomate autrichien Thomas Wieser sera choisi par ses pairs le 11 janvier avant d’être investi par l’Eurogroupe lors de leur prochaine réunion, le 22 janvier. À l’heure actuelle, personne n’a formellement postulé pour prendre la relève de M. Wieser, la présentation des candidats étant possible jusqu'au 8 décembre.

Grèce. Les grands argentiers de la zone euro plancheront également sur la troisième mission de suivi du troisième plan de sauvetage grec qui court jusqu'à août 2018 (EUROPE 11870), alors qu’une mission composée de représentants des créanciers institutionnels de la Grèce (Commission européenne, BCE, MES) est en ce moment à Athènes pour attester des progrès des autorités helléniques dans la mise en place des réformes structurelles.

D’après une source européenne, il y a « un espoir » que les parties parviennent à un accord technique rapide. Les autorités helléniques devraient avoir mis en place une partie des réformes exigées avant la fin de l’année, le reste d'ici à mi-janvier. Objectif : marquer un accord politique définitif en janvier à l'Eurogroupe en vue du versement d'une tranche d'aide en février.

Les ministres des finances de la zone euro discuteront, par ailleurs, de la surveillance post-plan d'aide à Chypre et en Espagne et du remboursement des prêts accordés à ces deux États membres. Les résultats enregistrés sont à ce titre encourageants, notamment eu égard à la mise en place de réformes structurelles et de la trajectoire budgétaire (EUROPE 11910).

Projets de budget 2018. Toujours en formation classique, les dix-neuf ministres échangeront leurs observations sur les projets de budget nationaux soumis à la Commission européenne en octobre et qui ont déjà fait l’objet d’une appréciation de la part de la part de l’institution (EUROPE 11910).

Pour rappel, la Commission a estimé que cinq États membres - la Belgique, l’Italie, l’Autriche, le Portugal et Slovénie - risquent de ne pas respecter les règles du volet préventif du Pacte de stabilité et de croissance. La France, dont le déficit est supérieur à 3% du PIB, est également visée. L'institution européenne préconise également une orientation budgétaire neutre au niveau de la zone euro.

Les ministres des Finances de la zone euro auront, par ailleurs, un échange sur la fiscalité du travail dans les États membres.

Approfondissement de l’UEM. À l'avant-veille de la présentation, par la Commission européenne, d’un paquet de propositions sur l’approfondissement de l’Union économique et monétaire (UEM), les ministres des finances de 27 États membres (tous sauf le ministre britannique) poursuivront le débat sur cette question à laquelle l’achèvement de l’union bancaire est liée (EUROPE 11899).

Lors de son discours sur l'état de l'Union, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait annoncé la transformation du MES en un Fonds monétaire européen, une fonction de stabilisation pour les pays de la zone euro confronté à un choc macro-économique, un instrument de pré-adhésion à l'Eurozone pour les pays volontaires. La question de la création d'un ministre européen des Finances est aussi posée.

À l’issue de cette discussion, Jeroen Dijsselbloem soumettra un rapport aux chefs d’État ou de gouvernement lors du sommet de la zone euro qui se tiendra à Bruxelles le 15 décembre prochain. (Lucas Tripoteau)

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